[Fic] Les crocs de l'hiver - Chapitre 12
Par Kristaline, lundi 4 septembre 2006 à 10:16 :: [Fanfictions] :: #194 :: rss
Titre: Les crocs de l'hiver - Chapitre 12 : Plus fort que tout
Auteur: kristaline
Rating: PG-13
Disclaimer: Éditions Dupuis
Notes: Dernier chapitre. Le plus long, je crois, mais il faut bien faire un beau dénouement, non ;) ?
- Alors nous voici aujourd’hui pour le mariage de…
La salle était remplie à ras-bord. Toute la parenté et les amis et collègues de Gaston et de Jeanne étaient réunis en ce jour de printemps. Fantasio, le front perlé de sueur, ne cessait de scruter les alentours. À la voir si nerveux, on croirait que c’était lui qui allait se marier.
- Jeanne, commença le maire, acceptez-vous de prendre Gaston pour-
La rouquine, si resplendissante dans sa robe blanche, l’interrompit avant la fin de la question.
- OUI, JE LE VEUX ! JE TE VEUX, MON GASTOUNET !
Le maître de la cérémonie, surpris d’une telle intensité – et Dieu sait qu’il en a vu d’autres – dût se ressaisir.
- Euh… et vous, Gaston, acceptez-vous de prendre Jeanne pour épouse, pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que la mort vous sépare ?
D’un regard rempli d’amour à l’égard de sa tendre, le futur marié répondit :
- Oui, je le veux.
On procéda alors à l’échange des alliances.
- Euh… monsieur Spirou ?
Le pauvre rouquin ne cessait de penser à Luna, emprisonnée à Québec, en attente d’un procès. Elle méritait ce sort, puisqu’elle avait voulu s’y engouffrer ! Mais, d’un côté, les remords ne cessaient de revenir. D’un regard, elle a voulut son pardon. Il avait refusé. Son cœur n’avait pas supporté une telle trahison. Il n’avait plus confiance en elle…
- Monsieur Spirou ?
Le journaliste, aux mots de Jeanne, sortit de ses pensées.
- Hein ? Ah oui ! les alliances !
Alors qu’il donnait l’alliance à la future mariée, les choses allaient moins bien pour Fantasio et Gaston. En effet, dans une combinaison de maladresses, le jonc tomba par terre et se perdit sous les bancs des invités. Le blond faillit cracher un juron, mais étant en public, il décida de se retenir à temps.
Après une fouille à quatre pattes d’une durée approximative dix minutes, on retrouva enfin l’alliance et le reste de la cérémonie se passa sans encombres.
- Je vous déclare maintenant mari et femme, conclut le maire. Vous pouvez embrasser la mariée.
Un tendre baiser fut échangé. Les applaudissements fusèrent, les pleurs des dames émues redoublèrent… et Spirou soupira discrètement, jalousant secrètement ce bonheur, qu’il s’était refusé depuis longtemps… et qu’il désirait ardemment à présent.
Alors que la foule sortait de la mairie, Seccotine, qui avait pris quelques clichés de la cérémonie, rejoignit Fantasio et glissa son bras autour du sien.
- Hé ! On refuse de m’accompagner ?
- Oh, c’est toi ?
Elle lui sourit.
- Toujours nerveux ?
- Et comment !
Il se mit à chuchoter, ses propos se voulant être le plus loin des oreilles du nouveau marié.
- Ce lunatique prépare quelque chose, j’en suis sûr…
- Toujours aussi soupçonneux, à ce que je vois… soupira la journaliste.
-xxx-
Cependant, Fantasio avait raison de douter des intentions de Gaston. Car les noces avaient lieu… dans une serre ! Et pas n’importe quelle serre : une vraie reconstitution de la flore de la Palombie ! Avec une végétation aussi luxuriante, impossible de se frayer un chemin jusqu’aux tables.
- Oh, ne vous inquiétez pas, Gaston est là.
Le journaliste paranoïaque blêmit à la vue de la télécommande qu’il tenait entre ses mains gaffeurs. Avant qu’il ait eu le temps de réagir, il était trop tard : une MGV (masse à grande vitesse) arriva par le biais d’un rail suspendu… et frappa de plein fouet le front du reporter. Spirou, alerté, empêcha la chute de son ami, à moitié assommé.
- Fantasio ! Tout va bien ?
- C’est malin, dit le responsable aux courriers, il aurait pu s’écarter de la trajectoire…
Fantasio, à qui il lui restait la force pour engueuler, empoigna les épaules du rouquin et se redressa.
- Tu aurais pu nous avertir avant ! grogna-t-il au marié.
- Ah bah, justement…
PAF ! La MGV revint dans l’autre sens et distribua une deuxième bosse au blond.
- La revoilà… finit par dire l’inventeur gaffeur.
-xxx-
Si l’entrée dans la serre fut quelque peu catastrophique, le dîner fut un vrai délice. Et que dire de la danse, que Gaston et Jeanne ouvrirent avec les autres couples ? Bien entendu, Seccotine avait convaincu Fantasio d’en faire partie.
De son côté, Spirou fut maintes fois abordé par de charmantes célibataires, mais il refusa poliment chaque invitation. Son regard porté sur Fantasio et Seccotine, puis sur Gaston et Jeanne, il ne pouvait qu’être heureux pour leur bonheur. Mais le sien… où pouvait-il le trouver ?
Pendant ce temps, Seccotine posa sa tête contre l’épaule de son partenaire de danse et soupira doucement.
- Je me sens si bien avec toi…
- Et c’est réciproque pour moi.
Elle releva sa tête, où elle put lire l’attendrissement dans ses yeux. Après un doux baiser, puis deux bisous successifs, elle soupira en voyant Spirou seul. Elle détestait ne pouvoir rien faire contre cette solitude qui lui pesait le cœur.
- J’espère qu’il va s’en remettre.
- Oh, il va s’en remettre, répondit Fantasio, optimiste. Ne t’en fais pas, il va vite oublier. Mais changeons de sujet, veux-tu ?
- Pourquoi ?
Il approcha ses lèvres près des oreilles de sa collègue, où il put lui murmurer :
- Parce que je me noies dans tes yeux, belle sirène.
Les mains du jeune homme osèrent en se posant sur les hanches de la blondinette. Cette dernière rigola.
- Charmeur, va !
Sur ces mots, elle posa une main sur le derrière de son partenaire, qui sursauta.
- Oh, coquine !
Distrait par cette main baladeuse, il faillit percuter Gaston et Jeanne.
- Mais faites attention, vous deux ! s’emporta-t-il.
- Allons, Fantasio, calme-toi, dit sa partenaire. Après tout, c’est leur mariage.
Voyant qu’elle avait raison, il lâcha un soupir.
- Oui, je peux bien leur pardonner… pour cette fois.
Aussi, il n’avait pas envie d’engueuler le responsable au courrier. Pour une rare fois, il voulait que la présence de Seccotine puisse durer le plus longtemps possible, voire éternellement, tant il aimait ses yeux, son parfum, ses courbes…
- Il fait un peu chaud par ici… constata soudainement le blond.
- Je suis d’accord avec toi. Mais…
Les paupières de la reporter s’abaissèrent, malicieuse.
- On pourrait avoir encore plus chaud, si tu vois ce que je veux dire…
Avait-il bien saisi ? Était-ce une invitation à… ?
Pendant ce temps, Spirou, toujours seul, fut rejoint par Spip, qui, ayant exploré toute la serre, était venu rejoindre son maître. Ce dernier le laissa grimper son épaule et le caressa d’une main.
- Eh bien… je crois qu’on est tous seuls, mon vieux.
- Justement, puisqu’on est seuls, puis-je avoir la noisette que tu m’avais promis pour me tenir tranquille ?
C’était à ce moment qu’arriva Fantasio, légèrement embarrassé.
- Euh… Spirou ?
- Oui ?
- Je peux te demander une faveur ?
- Oui, bien sûr.
- Vois-tu, mon vieux… je dois te laisser seul.
- Quoi ?
- J’ai besoin de la voiture. Tu vois… Seccotine et moi…
Le rouquin commença à comprendre.
- Ohhhh…
Blagueur, il ajouta :
- Est-ce que Seccotine est au courant ?
- Mais bien sûr ! répondit sèchement le blond. Pour qui tu me prends ?
Spirou ne put s’empêcher de se moquer de lui.
- Ça va, ne te fâches pas.
Détendu, Fantasio lui sourit.
- Merci, je te revaudrai ça.
Il allait pour partir, puis retourna sur ses pas.
- Au fait, je vais te laisser la Fantacoptère pour le retour.
- Merci, c’est gentil.
Peu de temps après le départ de Fantasio et de Seccotine, le rouquin décida de quitter les lieux et de passer le reste de la soirée tranquille. Alors, après avoir félicité à nouveau les nouveaux mariés, Spip et lui retournèrent à l’ancien domaine de feu oncle Tanzafio. Or, les choses ne se passèrent pas comme prévu, lorsqu’il entreposa la Fantacoptère dans le hangar.
Un bruit étouffé et Spip, inquiet pour la sécurité de son maître, se jeta sur l’inconnu qui venait d’arriver et lui mordit la main.
- AÿÿÿÿE !
Spirou, alerté par cette présence, prit la première chose à portée de main : une pelle.
…
KLONG !
Dans la lumière lunaire, Spirou constata son erreur en voyant la personne s’effondrer au sol.
- Luna ?!?
Évidemment, elle devait avoir plus d’un tour dans son sac pour s’être évadée… et le retrouver !
-xxx-
Étendue sur le canapé du salon, Luna reprenait tranquillement ses esprits. Une serviette imbibée d’eau froide reposait sur son front endolori et un feu flamboyant fut allumé au foyer. Son regard confus croisa un autre, plus sévère.
- Que viens-tu faire ici ?
- D’après toi ? lui répondit faiblement la brunette.
Il lui tourna le dos, la rage envenimant tout son être.
- Si c’est pour te faire pardonner, oublie ça.
- Spirou…
Il lui fit volte-face, furieux. Il avait enfin décidé de dire ce qui le hantait depuis des mois.
- Tu ne peux pas savoir ce que c’est, d’être trahi par la personne qu’on croit aimer ! Tu n’en sais rien !
Malgré la colère flamboyant dans ses yeux, Luna le regarda courageusement et ne flancha pas.
- Peut-être, dit-elle, mais je sais ce que c’est, être blessé par la personne qu’on aime… Crois-moi, c’est une vraie torture…
Devait-il la croire ? Oui, son cœur lui dictait de la croire, de la pardonner et de tout recommencer. Mais sa tête lui refusait de se plier à ses sentiments, car elle le savait fragile.
L’Italo-américaine baissa les yeux, honteuse.
- Je sais, je ne serais jamais un ange… mais ce que je ressens pour toi est sincère.
Il ne pouvait lui en vouloir. C’était dans sa nature d’être une criminelle. Elle était fille de capo et elle restera à jamais fille de capo. Toujours, le sang ennemi lui restera collé à ses mains.
- Si seulement tu pouvais oublier ce que je suis…
Puisqu’il rebutait toujours à son passé, à son présent, à son futur, il devait aller voir au-delà des apparences… D’une main, il leva son menton et la regarda profondément dans les yeux. Il alla au plus profond de son âme et il vit, malgré les ténèbres, une étincelle. Elle avait beau agir sans réfléchir, mais elle recelait aussi de sensibilité, d’intelligence et de courage. Et c’était cela qui lui plaisait chez elle…
Il l’aimait. Elle l’aimait. Quoi rajouter de plus ? C’était ça, l’essentiel.
Il soupira, vaincu.
- Non, Luna, jamais je n’oublierais qui tu es… Tu m’as fait mal, oui. Mais… je t’aime.
Elle faillit pleurer de joie, mais il fallait faire ses preuves.
- Si tu m’aimes vraiment, embrasse-moi.
- Luna…
Elle insista.
- J’ai besoin de ta confiance… à nouveau.
Il ne s’attendait pas à recommencer de sitôt, mais c’était du Luna tout craché. Alors il l’embrassa. Cette fois-ci, il s’abandonna et y mit toute son ardeur, ce qui ne déplût pas aux deux amoureux. Le baiser devint très bientôt plus torride et les mains de la jeune femme faisaient une tentative de déboutonnage de chemise, que le rouquin empêcha.
- Attends.
- Quoi ?
Spirou devint plus malicieux.
- On serait plus à l’aise dans ma chambre, non ?
- Oh…
Elle lui sourit, amusé par cette perspective. Avec précaution, il la prit dans ses bras et l’emporta sur le lit. Spip, se réveillant dans sa pantoufle et voyant les deux amants plutôt occupés, décida de déménager (provisoirement).
- Pfft ! J’espère que ce ne sera pas toutes les nuits…
-xxx-
Très tôt ce matin, bien avant le lever du soleil (et bien avant le coucher de la lune), Fantasio déposa Seccotine en face de l’hôtel où elle logeait (provisoirement).
- Tu es sûre que tu ne veux pas prendre un café chez nous ?
- Non merci. Je dois bientôt partir pour l’Inde, alors il faut que mes valises soient prêtes.
Voyant la mine déconfite du reporter, elle sourit.
- Ne t’inquiètes pas, je vais revenir dans ton coin. Plus tôt que tu le crois…
Après un dernier baiser, Fantasio reprit la route. Il était fatigué, mais heureux et triste à la fois. Était-ce cela, être amoureux ? Être capable de laisser partir celle qu’on aime tout en espérant son retour ?
La question ne cessait de se répéter dans sa tête tout au long du trajet. Oui, Seccotine était plus qu’une conquête d’un soir. Mais il avait peur de la tournure que cela pouvait prendre. Mais l’amour, n’était-ce pas aussi l’abandon de soi ?
Arrivé enfin chez lui, il se prépara à aller dormir. Or, alors qu’il se rendait jusqu’à sa chambre, il vit Spip, endormi à côté de la porte de la chambre de Spirou. Se questionnant sur cette étrange manifestation, il eut pourtant sa réponse en voyant le tableau, la porte étant ouverte.
Étreinte de deux amants endormis, lui, sur le dos, elle, sur le ventre. Effet de clair-obscur obtenu par la lumière lunaire. Enchevêtrement de chevelure brune contre le torse de son amoureux. Bras de marbre blanc autour de sa bien-aimée.
Fantasio dut vérifier s’il ne rêvait pas, puis l’ombre d’un sourire flotta sur son visage.
- Au moins, pensa-t-il, l’un de nous deux aura de la charmante compagnie pour le petit-déjeuner…

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