Cher papa,
Comme tu as pu le constater, je suis partie loin de la Grosse Pomme. Ne me cherche plus à Montréal, j’ai décidé de retrouver mes racines les plus profondes…


Luna déposa sa plume, le temps de savourer le cappuccino que le serveur venait de poser sur la table. Jamais elle n’aurait pensé venir en Toscane un jour. Mais c’était une façon de trouver la tranquillité qu’elle cherchait, tout en restant près de Spirou.

Un sourire songeur se dessina sur son visage en pensant au rouquin. Elle avait enfin obtenu son pardon. Cependant, elle avait appris sa leçon : à l’avenir elle se devait être plus discrète face à ses activités… douteuses.


Ne t’inquiètes pas pour moi, Raulo va veiller sur moi, comme tu lui avais demandé.


- Raulo ?

L’homme de Vito releva sa tête. Il n’avait plus les bandages qu’il avait porté lors de l’arrestation à Québec. Aucune plainte ne fut retenue contre lui, ce qui facilita son opération pour faire évader la fille du capo.

- Oui ?

- Quand j’aurais fini d’écrire cette lettre à mon padre, tu vas la porter à New York de tes propres mains et tu reviens immediatamente ici.

- Vous auriez pu utiliser Internet, vous savez.

- Non, car ces stupidos policiers irlandais ont infiltré l’ordinateur de papa.

- No.

- Si.

- Noooo.

- Siiiii.

- Rhôôôô…


Et ne t’inquiète pas pour Raulo, je vais bien le dompter, crois-moi.


- Mais…

Il hésita, puis s’élança :

- Qu’allons-nous dire à votre papa à propos de la contrebande de faux sacs à main en cuir italiano ?

- Oh, c’est simple. Il faut juste un peu d’imagination…


Et puis, ne m’envoie pas d’argent. J’ai ouvert un commerce récemment. Et les affaires marchent plutôt bien. Tu peux être fier de ta fille chérie. Je t’embrasse et botte ces Chintoks pour moi.

Ta Luna


Un soupir de satisfaction échappa des lèvres de la jeune femme en posant la plume.

- Voilà, tu peux la poster.

Elle allait la mettre dans l’enveloppe, puis se ravisa.

- Hum, je crois ne pas avoir tout dit…

-xxx-

- Capo ! Capo !

Un mafioso entra en trombe dans le bureau de Vito Cortizone, qui cacha en vitesse la photo de sa fille.

- Tu ne vois pas que je suis occupé ! hurla le patron.

- Mais capo… j’ai une lettre de votre figlia !

À ces mots, le capo blêmit.

- Ma figlia ? Ma Luna ?

Il regarda l’enveloppe, cachetée à la cire de chandelle rouge. Une forme de trèfle à quatre feuilles y était posée. Pas de doute, c’était une lettre d’elle.

Nerveux, il faillit déchirer l’enveloppe et la lettre, mais il réussit à la lire au complet. Soudain, son cœur fit trois tour et eut un malaise. Le mafioso, intrigué par ce comportement, récupéra la lettre, échappée des mains de son patron. Il comprit enfin pourquoi en lisant les dernières lignes :


P.S. : Ah, au fait, Spirou est ton nouveau gendre.



FIN