[Fic] Les liens du sang - Chapitre 9
Par Kristaline, lundi 16 octobre 2006 à 12:15 :: [Fanfictions] :: #216 :: rss
Titre: Les liens du sang - Chapitre 9 : Liés pour la vie
Auteur: kristaline
Rating: R
Disclaimer: Éditions Dupuis
Notes: Dernier chapitre en R (et le plus long aussi). Ne vous inquiétez pas, ça va devenir un peu plus smooth vers la fin. Eh oui, nous nous approchons de la fin. Mais n’ayez crainte, il y aura une suite un peu plus légère. Plus de détails plus tard :P
La voici dans la salle de purification. Tous les membres de la secte étaient réunis pour l’aider à être libérée de ses impuretés. Certains femmes la jalousaient, rêvant de goûter à ce privilège ultime et, qui sait, d’être la Première, celle qui porterait les enfants du Maître et qui aurait grande influence sur la communauté.
Seccotine savait bien que ce rite ne lui apportait rien, sinon de gagner de temps. Aussi y alla-t-elle avec lenteur et fit ce que les gardes lui avaient expliqué en chemin. Elle se dévêtit et jeta un à un ses morceaux de vêtements dans le feu. Elle était horriblement gênée de devoir montrer sa nudité aux membres, qui chantaient des sons étranges, mais elle savait que c’était un dur moment à passer…
Avec une infinie douceur, elle pénétra dans un bassin de boue. Elle laissa tremper ses longs cheveux dans ce froid mélange, car elle savait quel allait être la prochaine étape. En effet, maintenant couverte de boue, elle plongea dans un second bassin, d’une eau encore plus froide. Elle y resta un long moment, s’assurant qu’il ne restait plus de trace de saleté, y comprit sous ses ongles. Tout pour gagner du temps…
À regret, elle dut sortir de l’eau, où les gardes la recouvrirent d’une grande cape blanche.
- Pressons le pas, dit l’un d’eux.
Elle laissa échapper un soupir. Maintenant, elle ne pouvait plus reculer…
-xxx-
En examinant la blessure de Spirou, puis ayant remarqué trois bandages souillés au sol, Félix pouvait conclure que le rouquin eut de la chance d’avoir eu trois garrots avant son arrivée, sinon il aurait trouvé la mort rapidement. Maintenant, il était plus que temps de retirer cette balle, dont le blessé eut la force de lui en informer, sinon un caillot pouvait se former et si ce dernier prenait la direction du cerveau…
Ororéa revint à ce moment, tenant dans ses mains une caisse de vingt-quatre bouteilles de bière.
- Est-ce que ça va te convenir ?
- Yes ! Où t’as trouvé ça ?
- Pas loin d’ici, dans le salon des gardes, répondit la jeune femme, souriante.
Elle déposa la caisse près du médecin, qui prit une des bouteilles pleines.
- Est tablette, constata-t-il en touchant la bouteille, qui est tiède. Mais ça va suffire…
Il décapsula la bouteille, puis montra le goulot aux lèvres de Spirou.
- Envoye, bois ça !
- Qu… quoi ?
- Écoute, j’ai pas d’anesthésiant pour toi, alors… soit que tu bois… soit que tu souffres.
Le journaliste n’avait pas envie de se saouler, mais il n’avait pas plus envie d’alerter les gardes s’il hurlait de douleur durant l’opération. Il hocha la tête, puis se laissa envahir par l’ivresse. Pendant ce temps, le chirurgien de campagne l’encouragea en imitant les glouglous de la bière qui se déversait.
- Iglou, iglou, iglou, iglou…
- Eh, fait attention, Félix ! avertit Ororéa. On veut le saouler, pas l’étouffer !
- Caliss, j’sais c’que j’fais ! J’suis médecin, je sais le danger sur l’alcool !
En effet, il devait doser sagement : assez pour que Spirou ne puisse plus ressentir la douleur. Mais il devait faire attention pour ne pas tomber dans l’excès ou sinon, c’était le coma éthylique…
-xxx-
Un dernier coup de rasoir accompli, Zantafio put enfin se satisfaire du résultat reflété par le miroir. Comme il était étrange pour lui de se retrouver à nouveau imberbe. Mais il avait tant envie de cette chaleur charnelle sur son visage…
Il se félicita d’avoir eu cette audace. Red Meaples était un lieu trop reculé pour la mafia russe… et si paisible pour fonder, en toute discrétion, une secte. Il tenait cette idée d’une rencontre hasardeuse sur Internet avec une jeune fille de la région, dont la représentation des quatre éléments faisait sa fierté dans son cours d’arts plastiques. Il avait suffi de peu pour la séduire, à un point qu’il s’était très vite lassé d’elle.
Par contre, cette Seccotine lui plaisait beaucoup. Il la savait réticente face à la possibilité de coucher avec lui, ce qui constituait un nouveau défi à relever. Et plus grand était le défi, plus grande était la satisfaction face à l’obtention de son désir. Il trouverait bien un moyen d’enlever Fantasio de la tête de cette jolie blondinette…
-xxx-
Après quatre bouteilles de bière versées entre les lèvres de Spirou, Félix lui demanda, en montrant trois doigts :
- J’ai combien d’doigts ?
- Euh… six ?
- Good, yé paqueté !
Il saisit ses pinces chirurgicales, qu’Ororéa prit soin de désinfecter avant.
- Tu vas voir, ça va pas être long…
Il pénétra l’instrument dans la plaie. Voyant que le rouquin ne réagissait pas, le médecin y alla plus vigoureusement.
- En tout cas, celui qui lui a fait ça l’a pas manqué. Criss qu’est profonde !
Pendant ce temps, Ororéa soutenait le blessé de ses mains, ce qui n’était pas aisé lorsqu’il avait tendance à tomber.
- Sais-tu que… tu ferais une bonne infirmière ? plaisanta Félix. Avec la shape que t’as, tu vas remonter le moral des patients.
- On essaie de me draguer ? insinua la jeune femme.
- Disons plutôt que… t’es indispensable à Katy et moi.
Soudain, les yeux du médecin s’écarquillèrent.
- Oh ! J’crois que je l’ai !
Avec délicatesse, il retira la balle de la plaie. Déposant l’outil par terre, il saisit un bandage neuf.
- Vite, il faut lui faire une compresse !
Cette étape fut moins pénible à accomplir et, en moins de deux, un nouveau pansement fut effectué.
- J’me sens… tellement ben avec vousautres… articula à peine Spirou.
Puis, sans crier gare, il vomit sur Félix.
- Ouach ! Maintenant, Katy va croire que j’me suis saoulé !
Le médecin soupira, puis prit une bouteille, qu’il décapsula.
- Autant en profiter un peu.
Mais Ororéa lui saisit un bras, l’empêchant de boire.
- La boisson, c’est pour plus tard ! Maintenant, nous devons sortir sans se faire voir…
-xxx-
On frappa à la porte. Un tendre « Entrez ! » et Seccotine fut introduite dans la pièce, qui se verrouilla à double tour. Les mains de la blonde étaient crispés sur sa cape, voulant à tout prix garder sa pudeur. Un faible sourire vint sur les lèvres de Zantafio.
- Je vous en prie, cessez d’avoir peur…
Il se plaça derrière elle, où il put placer ses mains sur ses hanches frémissantes. Il lui glissa à l’oreille :
- Je vous promets d’être tendre… Encore plus que mon cousin…
Il déposa sa bouche sur sa nuque blanche et laissa sa langue tracer un sillon humide jusqu’au lobe d’oreille. Au même moment, il remonta ses mains jusqu’aux siennes, tenant de découvrir ses splendeurs enfouis. La pauvre ne put que pleurer alors que la cape retomba au sol.
Ce n’était plus un cauchemar, c’était pire que cela : c’était la réalité. Il se collait à elle, humant son parfum dans ses cheveux. De ses mains, il parcourait ses courbes. Alors une folie s’installa en elle : elle voulut croire que c’était Fantasio qui la caressait ainsi. Et elle y crut assez fort pour laisser échapper un soupir.
- Détendez-vous… Tout va bien aller…
Elle entendit le son du peignoir retombant au sol. À nouveau, il se colla contre elle. Elle pouvait sentir la chaleur de leurs deux corps monter. Encore et encore…
Des coups de feu brisèrent brusquement l’illusion. Puis, ce fut un silence pesant, où Zantafio commença à s’inquiéter. Alors qu’il entendit le cliquetis des verrous, il emporta Seccotine vers le lit, cette dernière se mettant à hurler de riposte.
- Tu vas la lâcher… cousin !
Fantasio se tenait devant eux, arme à la main. Sans perdre une seconde, Zantafio fouilla dans son tiroir, qui était à portée de main, et sortit lui aussi une arme.
- Tu n’allais tout de même pas tirer sur un homme sans défense, sourit-il sournoisement.
- Il est vrai que c’est plus ta signature ! cracha le blond, reconnaissant en lui l’homme qui a tiré sur Spirou.
- Hé, doucement… Je te sais mauvais viseur. Ce serait dommage d’abîmer une si jolie femme…
La si jolie femme en question n’hésita pas une seconde et mordit dans le bras qui la retenait. Vive comme l’éclair, elle récupéra sa cape et se cacha derrière Fantasio.
- Maintenant, je peux tirer, sourit sadiquement le blond.
Malheureusement, il n’eut pas le loisir de l’exécuter, car un garde arriva.
- Maître ?
- Oui ?
- Nous avons capturé d’autres intrus…
À ces mots, Félix et Ororéa entraient, soutenant un Spirou titubant, accompagnés par deux autres gardes armés.
- Qu’est-ce que vous m’avez fait ? marmonna naïvement le rouquin. Un surprise party ?
- C’est la dernière fois que je le fais saouler, tabarnak ! fulmina le médecin.
-xxx-
Les prisonniers furent ligotés par des chaînes de métal. Même si Zantafio ne l’avait pas vu, il craignait voir le rongeur de Spirou et avait prit des précautions supplémentaires. Comme se rhabiller dans sa robe à capuche et placer l’argent qu’il avait gagné dans des valises.
- Ce serait gentil de votre part si vous m’épargnez, dit Félix. Parce que : un, je suis médecin et Dieu sait que c’est tough d’en trouver à la campagne ; deux, je vais être père dans six mois.
- Toutes mes félicitations, répondit sarcastiquement le mégalomane.
- Vous n’allez pas vous en sortir ainsi ! avertit Ororéa.
Comme tous les méchants dans les films, il ricana.
- Combien de fois ai-je entendu pareille phrase ?
Pendant ce temps, Fantasio se retourna vers Seccotine et lui demanda :
- T’as-t-il fait quelque chose ?
- Rien de trop grave.
Et elle lui rendit un sourire, si chaleureux, pour pouvoir le rassurer.
- Merci.
C’était la moindre des choses, pensa-t-il. Mais ce ne sera pas suffisant pour se racheter de sa faute…
- Maintenant, si vous voulez bien m’excuser, dit Zantafio en fermant sa dernière valise, je vais faire mes adieux à mes disciples.
Saisissant une bouteille, il ajouta :
- Je vais leur offrir un cadeau… qui sera le dernier de tous…
Il remonta la capuche sur sa tête puis, accompagné d’un garde ayant pris ses valises, il quitta la pièce.
- Je me demande pourquoi j’ai un doute sur son cadeau, dit Ororéa.
- Le connaissant bien, moi, j’ai aucun doute, ajouta Fantasio.
- Quoi ? fit Félix. Il va les…
- Comme dans beaucoup de sectes, oui, malheureusement, répondit Seccotine.
- Arrêtez de parler, se plaignit faiblement Spirou. Ça me donne mal à la tête…
Cependant, deux coups de feu bien précis amplifia sa douleur. Non, ce ne fut pas la rouquin qui les reçut, mais bel et bien les deux gardes, qui s’écroulèrent.
- Luna ?! s’exclama le médecin. Je te croyais en voyage d’affaires.
- Disons que… mes intérêts touchent aussi ceux de mon chéri, répondit l’Italienne, arme en main.
Spip et l’Ermite entrèrent par la suite.
- Je sens la mort… s’inquiéta l’étranger.
- Normal, je viens d’en liquider deux, répondit nonchalamment Luna.
Elle se pencha sur Spirou, qu’elle embrassa passionnément.
- Beurk, mais qu’est-ce que tu as mangé ? s’étonna-t-elle.
- À ta place, je dirais : qu’est-ce qu’il a bu ? répondit Fantasio.
- Je voudrais bien répondre à ta question, dit son meilleur ami, mais… je ne m’en rappelle plus…
Au même moment, Luna s’aperçut qu’un cadenas empêchait la libération de son amant.
- Quelqu’un sait où est la clé ? demanda-t-elle.
- C’est Zantafio qui les a, répondit Seccotine.
- J’y cours !
La blondinette voulut ajouter qu’il allait faire mourir toute la communauté, mais la brunette était déjà partie.
- Vous êtes qui, vous ? voulut savoir Félix.
- Mon nom n’a pas d’importance, répondit l’Ermite.
Il jeta un regard circulaire dans la pièce, puis blêmit. Il sortit de la pièce en courant, mais il savait déjà qu’il était trop tard…
-xxx-
Alors que Zantafio allait entrer dans la salle de purification, où il était assuré de trouver la majorité de ses disciples, il entendit des pas en accéléré. Se retournant, il n’hésita pas à faire feu dès que cette personne tourna le coin.
Heureusement, Luna fut rapide : elle fit demi-tour et s’adossa au mur, de façon à ce qu’il ne la voie pas. Maintenant, il fallait réfléchir. Que pourrait-il faire ? Retourner sur ses pas ? Continuer comme si de rien n’était ? Ou rester sur place, attendant qu’elle se manifeste ? Elle devait trouver un moyen de l’atteindre sans risquer sa peau…
Or, pendant qu’elle réfléchissait, Spip se fit plus discret. Il se faufila dans l’ombre et prit de l’avance sur Zantafio, qui était resté sur place.
- À nous deux, sale bête !
Et l’écureuil se jeta vivement dans une des poches de la robe de l’homme. Ce dernier poussa un cri de surprise alors que le rongeur, qui ne vit aucune clé, sortit de la poche et put croiser son regard.
- Encore toi ?!?
Spip lui fit une grimace, puis se cacha dans l’autre poche, ne laissant aucune chance à Zantafio pour l’attraper. Il en ressortit, tenant entre ses dents le précieux trousseau de clés. L’homme pointa son arme sur lui.
- Tu vas y goûter…
Quatre coups de feu fut tiré. Spip évita habilement les trois premiers. Mais au quatrième, la balle atteignit entre ses deux omoplates et, sur la force de l’impact, l’écureuil fut projeté quelques mètres plus loin, dans le coin, immobile, sous les yeux de Luna.
Cette dernière n’arriva pas à croire ce qu’elle venait de voir. Il a tiré sur Spip ! Bien qu’elle était fille de capo, c’était inconcevable pour elle. Aussi inconcevable que de tirer sur un enfant…
Elle entendit des pas de courses s’éloignant d’elle, signe de sa fuite. Devait-elle agir ou non ? Or, elle n’eut pas sa réponse, car l’Ermite vint la rejoindre.
- Où est-il ?
- Qui ?
- L’écureuil.
Le regard de l’étranger se posa sur Spip, toujours inerte. Luna baissa sa tête, les larmes aux yeux.
- Il est trop tard…
L’Ermite, qui posa sa main sur la tête de l’animal, lui répondit :
- Non, pas encore… Donnez-moi votre veste, s’il vous plaît.
-xxx-
Lorsque Luna et l’Ermite revinrent dans la chambre de Zantafio, un peu plus tard, tous étaient étonnés de voir Spip emmitouflé de blanc.
- Que lui est-il arrivé ? demanda Ororéa.
D’une voix la plus calme possible, l’Ermite se permit de lui répondre :
- C’est la première fois que je vous vois tous ici, mais je connais votre attachement à cette pauvre bête…
Luna, qui avait le trousseau de clés en main, libéra un à un les prisonniers alors que le trentenaire annonça :
- Elle a reçu une balle.
Les dents serrés, Fantasio sortit une insulte à l’endroit de son cousin.
- Y… y’a-t-il quelque chose que je puisse faire ? demanda Félix, mal à l’aise.
- Vous, non.
Le regard de l’Ermite était maintenant sur Spirou, qui, malgré un certain taux d’alcoolémie dans le sang, reprenait lentement ses esprits.
- Lui seul peut le sauver.
- Dites-moi comment, répondit vivement le rouquin.
- Votre lien avec cet écureuil est plus fort que ceux des autres. En donnant un peu de vos forces, il survivra.
Déterminé, Spirou lui dit, le plus naturellement :
- Je vais le faire.
- Es-tu fou ? s’opposa Félix. T’es encore trop saoul pour te rappeler que t’as saigné pas à peu près !
La franchise du médecin rejoignait ce que les autres voulaient dire. Mais le journaliste ne fléchit pas.
- Si c’est pas maintenant, Spip va mourir…
- Spirou, commença Luna. Je sais que tu tiens tant à lui, mais… fais pas de folies… Je tiens à toi…
- Je t’ai fait confiance plusieurs fois. Maintenant, je te demande la tienne…
Ce qu’elle vit dans ses yeux était de la sincérité, ainsi qu’un amour authentique. Elle le serra dans ses bras et lui dit à l’oreille :
- Je te fais confiance.
- Et moi aussi, ajouta Fantasio.
Et Seccotine aussi. Et Ororéa aussi. N’ayant plus le choix, Félix s’inclina au choix de Spirou, qui reçut dans ses bras un Spip agonisant. L’Ermite prononça quelques paroles et soudain, une lueur blanche sortit des lèvres du rouquin. Une partie de cette lueur se détacha et entra par les narines de l’écureuil. Par la suite, l’autre partie réintégra le corps de Spirou, qui tomba dans les bras de Luna, inconscient.
Comme par magie, les paupières de Spip bougèrent, puis s’ouvrirent.
- Quoi ? Qu’avez-vous à me regarder comme ça ?
Ayant à nouveau retrouvé sa vigueur, il se détacha de l’étreinte de la veste, provoquant à nouveau la stupéfaction chez les témoins de ce prodige. Il ne portait aucune trace de blessure…

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