[Fic] Guide de survie à la vie quotidienne - Épisode 1
Par Kristaline, mercredi 1 novembre 2006 à 22:19 :: [Fanfictions] :: #177 :: rss
Titre: Guide de survie à la vie quotidienne – Épisode 1 : Comment une canicule amplifie les choses
Auteur: kristaline
Rating: PG-13
Disclaimer: Éditions Dupuis
Notes: Soyez les bienvenus à cette nouvelle fic légère, suite des Liens du sang, qui est la suite de Ce que les BD ne révèlent pas..., qui est la suite des Crocs de l’hiver (ah, tant de fics où j’ai dénaturé les persos :P). Non, il n’y aura pas de grandes aventures. J’ai plutôt le goût de vous présenter la nouvelle génération, à commencer par Lily-Ann (qui ne sera pas seule, vous verrez bien ;)) Mais ça ne veut pas dire que je mets les autres à l’écart…
Encore une fois, la canicule s’abattait sur toute l’Europe. La chaleur et l’humidité contribuait à rendre l’atmosphère si oppressante, d’autant plus que le domaine de feu Tanzafio ne possédait pas d’air climatisé…
- Spirou ?
La voix de Fantasio semblait – correction : elle était – monotone. Son meilleur ami lui répondit de la même façon.
- Quoi ?
- Te reste-t-il encore de la glace ?
Le rouquin sortit un sac de plastique derrière son dos. La glace avait fondue complètement.
- Non, désolé…
- Vous n’avez pas honte ?
Lentement, les deux hommes, étalés sur le canapé, relevèrent la tête, croisant le regard surpris de Seccotine.
- Bah quoi ? répondit son époux. C’est dans nos habitudes de rester en slip aux chaudes journées…
La blondinette soupira. Elle les enviait de ne pas avoir de pudeur, car elle aurait bien aimé retirer cette camisole et ces shorts qui lui collaient à la peau…
- Que le changement climatique soit maudit ! se plaignit Spirou.
- Oublie le changement climatique, riposta Fantasio. Il nous faut plus de glace…
- Il n’y a plus de glace, répondit Seccotine. Il va falloir en recongeler.
Le blond soupira à son tour.
- Je vais prendre une douche.
- Ça fait trois fois que tu prends une douche, s’opposa son épouse. Ça suffit, pour aujourd’hui.
- Mais j’ai chaud…
- Pense au moins aux réserves d’eau potable, dit le rouquin. Il ne faut, en aucun cas, en gaspiller par un tel temps.
- Toi et tes principes à la noix ! Tiens, parlant de noix… où est Spip ?
En effet, depuis un bout de temps, l’écureuil préférait se tenir dans la fraîcheur de la forêt, située en arrière de la maison. Pendant ce temps, Luna vint les rejoindre.
- J’ai mis Lily-Ann dans le berceau. Elle dort comme un ange.
- Je me demande comment elle fait, par un temps pareil, dit Fantasio.
- C’est simple : elle n’a qu’à fermer les yeux.
Le photographe se leva péniblement du canapé. Ce n’était pas parce que l’air était trop lourd, mais plutôt parce qu’il se décollait avec peine du cuir, le tout accompagné d’un bruit de succion.
- En tout cas, je n’ai pas envie de servir de la cuisson, avertit-il.
Aussi mangèrent-ils des sandwichs et de la salade, sans compter les litres de jus qu’ils burent rapidement.
-xxx-
Même lorsque la nuit arriva, l’humidité était toujours présente. Elle était si omniprésente que Fantasio ne se faufila pas sous les draps, aussi légers pouvaient-ils être. Il préféra être allongé dessus, le bras pendant sur le côté du lit, sa tête tournée vers la fenêtre, grande ouverte sur le ciel étoilé.
À peine avait-il réussi à refermer ses paupières que les pleurs d’un bébé de deux mois se firent entendre par le moniteur. Ils les rouvrit aussitôt, puis marmonna :
- Secco ?
La blondinette, allongée elle aussi en sous-vêtements, répliqua :
- Non, c’est ton tour, je me suis levée la dernière fois…
- Je sais, mais je travaille demain…
Vexée, Seccotine s’accouda et poussa Fantasio hors du lit, qui tomba au sol, n’ayant pu prévoir le geste.
- Aïe !
- C’est ton tour !
Et elle se recoucha alors qu’il se releva, mécontent.
- Elle aurait pu s’y prendre autrement ! pensa-t-il.
Il se dirigea vers la cuisine, où il sortit un biberon rempli de lait de nourrisson. Il le plongea dans une casserole d’eau, déposée sur la cuisinière, puis prit la direction de la chambre. Il prit sa fille dans ses bras, qui ne cessait de pleurer, et la berça contre lui, dans l’attente que le boire soit prêt.
Lorsqu’il la vit saisir le biberon de sa bouche gloutonne, il sourit, oubliant pendant un moment l’humidité et la chaleur d’une nuit interminable… jusqu’à ce qu’il entendit des bruits provenant de l’arrière de la maison.
Inquiet, il retourna déposer Lily-Ann qui, heureusement, avait tout bu. Il se devait de protéger la maison des intrus, aussi prit-il un tisonnier venant du salon au deuxième. Quelle ne fut pas son soulagement de croiser Spirou et Luna dans les escaliers.
- Fantasio ? fit la jeune femme, surprise. Mais que fais-tu avec-
- Chuuut… Faites moins de bruit, quelqu’un est entré par la porte de derrière.
Le couple s’échangea un regard, tous deux embarrassés. Puis, ce fut Spirou qui s’y lança.
- Euh… c’est parce que c’est nous qui sommes entrés par la porte de derrière.
Ainsi, il n’y avait pas de cambrioleur ? De meurtrier ? De kidnappeur d’enfant ? Au lieu d’être soulagé, comme toute personne normal devrait ressentir, ce fut une goutte d’eau qui déborda le vase contenant les frustrations (plus de deux mois qu’il n’y a pas eu euh… vous-savez-quoi), les dates de tombée, la fatigue et la chaleur persistante des derniers jours.
- Vous auriez pu faire comme tout le monde ! Entrer par la porte d’entrée, vous connaissez ? Et puis, que faisiez-vous dehors à une heure pareille ?
Luna, sur la défensive agressive, lui répondit immédiatement, sans gêne :
- Quoi, il y a-t-il une interdiction sur les bains de minuit dans les bois ?
Fantasio, laissé sans voix par cette réponse, remarquait maintenant l’humidité collant aux cheveux des amoureux, encore plus que le pouvait l’air alourdie de la nuit. Il fronça à nouveau les sourcils.
- Des bains de minuit ? Des bains de minuit ? À DEUX HEURES DU MATIN ?
Sa voix fut si forte que des pleurs lui répondirent au deuxième. Sa fille étant réveillée, le nouveau père remonta en vitesse, mais la nouvelle mère était déjà près du berceau, contrariée.
- Il me semble que c’est facile de ne pas crier la nuit, non ?
Fantasio soupira. Ses nerfs étaient souvent à vif et ils l’étaient encore plus sous les caprices de la nature…
- Je m’excuse, Seccotine… Tu me connais : presque tout peut me mettre hors de moi…
Malgré la chaleur, malgré les sanglots de la petite, Seccotine sourit. En effet, elle connaissait bien le caractère explosif de son époux…
Un léger coup à la porte et les parents se retournèrent, croisant le regard de Spirou et de Luna, embarrassés – en fait, Spirou l’était plus que Luna, qui assumait entièrement leur escapade nocturne.
- Euh… commençait le rouquin, nous sommes… désolés d’avoir dérangé Lily-Ann.
- Je ne vois pas en quoi vous avez dérangé la petite, répondit Seccotine.
- Fantasio nous engueulait à cause d’un simple bain de minuit, expliqua nonchalamment Luna.
- Quoi ?
La voix de la blondinette sembla se charger d’une colère froide.
- Vous vous amusez alors qu’on doit travailler demain ?
- Mais toi, tu ne travailles pas, remarqua celle qui avait des origines italiennes.
- Non, mais tout le monde a besoin de se reposer ! Tout le monde au lit !
Personne ne réagissant, elle explosa :
- MAINTENANT !
Les colères de Seccotine étant rares, tous quittèrent la chambre en vitesse. Voilà, avec de telles personnalités, vous comprenez pourquoi Spip se sauvait de la maison les périodes de canicule…

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