[Fic] Guide de survie à la vie quotidienne - Épisode 3
Par Kristaline, samedi 18 novembre 2006 à 18:10 :: [Fanfictions] :: #223 :: rss
Titre: Guide de survie à la vie quotidienne – Épisode 3 : Comment éviter les casse-têtes mensuels
Auteur: kristaline
Rating: PG
Disclaimer: Éditions Dupuis
Notes: Un épisode où je laisse plus de place aux femmes de cette merveilleuse série 
Il y a de ces jours où on ne voudrait pas se lever. Vous savez, ces jours où vous êtes si bien au creux de votre lit, aux côtés de la personne qu’on aime… même si cette dernière a attrapé le rhume et que son nez coule comme un robinet. Oui, vous aimeriez faire la grande paresse, ou même vous amuser un peu entre les draps… mais malheureusement, vous ne pouvez pas, car la solidarité vous appelle.
En effet, à deux pas de votre chambre se trouve celle d’une femme, qui est l’épouse du meilleur ami de votre compagnon de vie. Vous la considérez comme une amie, bien qu’elle soit différente de vous : elle qui semble toujours voir la vie en rose, vous la voyez en noir. Mais comme son mari est cloué au lit (puisqu’il a attrapé le même rhume), vous vous dites que vous devez bien l’aider à surveiller sa fille chérie.
Il pleut depuis deux jours, si fort que quelques bardeaux ont glissé du toit (et vous comprenez pourquoi les hommes ont attrapé ce vilain rhume). Vous vous dites que c’est l’automne, qu’il est normal que vous ressentez une certaine déprime… jusqu’à ce que vous voyez votre amie revenir de la boîte à lettre, avec les factures du mois…
- Tiens, je les avais oubliés, ceux-là, soupira Luna.
- Allons, sourit Seccotine en enlevant son imperméable, il ne s’agit que de quelques comptes…
Elle remit les lettres à l’Italienne alors qu’elle alla voir si Lily-Ann était réveillée dans son berceau. Spip, qui ne dormait plus dans la chambre de Spirou, avait commencé à préférer la présence de cette pouponne. Ainsi, il ne pouvait plus être dérangé par les ébats de son maître et de sa maîtresse.
La blondinette surprit sa fille en train de jouer avec l’écureuil. Les deux arrêtèrent leurs jeux et réclamèrent l’approche de la mère, l’une pour être prise dans ses bras, l’autre pour pouvoir grimper sur son épaule.
- Alors, vous vous amusez bien ? leur demanda-t-elle.
- Oui, mais je commençais à en avoir assez, répondit Spip. Je ne suis pas une baby-sitter, moi !
C’était à ce moment précis que Luna arriva au seuil de la chambre, une facture ouverte en main.
- Peux-tu m’expliquer ceci ? voulut-elle savoir, les sourcils froncés.
Seccotine s’avança vers elle, prit la lettre et écarquilla les yeux en voyant enfin les petits caractères en bas de la page.
- Aïe aïe aïe, souffla-t-elle. Je ne croyais pas que ça allait être aussi cher…
- De quoi parles-tu ?
Pendant qu’elles sortaient de la chambre pour se diriger vers la salle à manger, la reporter s’expliqua :
- Tu te rappelles de l’hospitalisation de Fantasio à Washington ?
- Fantasio a été hospitalisé ?! s’étonna Luna. Mais Spirou ne m’en a pas parlé.
- Je t’en aurai parlé si tu savais m’écouter, répondit Spip, toujours sur l’épaule de la blondinette.
Sourire aux lèvres, Seccotine lui répondit :
- C’est parce que Spirou a promis de ne pas en parler. Tu connais Fantasio, il est si orgueilleux…
Cependant, elle fit une moue d’agacement en regardant à nouveau la facture :
- Si seulement le système des hôpitaux américains n’était pas aussi cher…
- Sache qu’il est de bonne qualité, se vexa celle qui avait vécu en Amérique.
- Je ne te le fais pas dire. Mais il va falloir s’en acquitter…
Alors que la mère déposa sa petite sur sa chaise haute et la laissa sous la surveillance de Spip, Luna continua d’ouvrir les autres factures. Elle mit en pratique son calcul mental, très utile lorsqu’un client devait de l’argent à son père, et constata que ce mois-ci allait être plus dur que les autres…
Elle en fit part à Seccotine une fois que cette dernière revint avec de la purée pour Lily-Ann (et des noisettes pour Spip). La blondinette donna la première bouchée à sa fille, puis se prononça.
- Ne t’inquiètes pas, tout va bien s’arranger. Demain, je pars en Finlande.
L’excitation dans sa voix, elle ajouta :
- Ce sera la première fois depuis un an qu’on me confie un grand reportage.
En effet, Seccotine n’avait pas risqué sa vie depuis qu’elle avait appris qu’elle était enceinte. Elle dût donc se rabattre pour des articles qu’elle trouvait sans intérêt. Luna était heureuse de la savoir revenir à sa vraie vocation, mais elle savait que ce n’était pas suffisant.
Pas suffisant pour leur petit train de vie. Non pas qu’ils vivaient dans la misère, mais Luna aimerait bien que sa filleule ne puisse manquer de rien. Et puis, si elle voulait fonder une famille un de ces jours, il fallait bien avoir une certaine réserve en banque…
- C’est décidé ! lança l’Italienne en se levant brusquement. Je vais fonder ma propre entreprise !
- Encore ?!
Ce que Seccotine ignorait, c’était que le marché d’armes de luxe de Luna avait été vendu et que Raulo avait été renvoyé à New-York, de nouveau aux côtés de Vito Cortizone.
- Seulement… j’ignore qu’est-ce que ça va être. Mais je vais trouver !
La blondinette sourit, reconnaissant le caractère entêté de son amie.
-xxx-
Le reste de la journée se passa trop vite pour Luna. Elle n’eut pas le temps de réfléchir à sa future entreprise, Lily-Ann et Spip formant tout un duo lorsqu’il s’agissait d’attirer l’attention. Ce fut seulement le soir, allongée sur son lit, bloc-notes sur ses genoux et stylo en main, qu’elle eut le loisir de penser à ce qu’elle avait l’intention de faire.
- Luna ?
Ce murmure de plainte poussa la jeune femme à tourner sa tête, où elle put rencontrer le regard maladif de Spirou.
- Peux-tu éteindre les lumières ? Ça me donne mal aux yeux…
- Tu n’as qu’à les fermer.
Tout en gémissant, le rouquin se hissa sur ses coudes et, penchant son corps par-dessus celui de son amante, éteignit la lampe.
- Hé ! fit celle qui ne souffrait d’aucun mal. Je parlais de tes yeux, stupide !
Elle n’eut aucun mal à le déséquilibrer et ce dernier s’étala là où reposait le bloc-notes.
- Ça tombe bien, dit le journaliste, je ne déteste pas dormir sur toi.
Luna se mit à rire et plongea ses doigts dans la chevelure de son compagnon.
- Sais-tu que je reste rarement fâchée contre toi ? Sais-tu que je me trouve chanceuse de t’avoir rencontré ?
Spirou soupira d’agrément en sentant cette caresse capillaire. Il lui répondit :
- Il m’arrive de me demander… ce qui se serait passé si tu aurais obéi à ton père… alors que je suis parti chez cette agence matrimoniale.
Amusée, elle lui répliqua :
- Eh bien, tu n’aurais jamais goûté aux lèvres de Luna Cortizone.
Il rigola.
- Comme quoi, cette agence a quoi de bon…
Elle arqua les sourcils, intriguée.
- Que veux-tu dire ?
Toujours espiègle, le rouquin ajouta :
- Même si tu es vilaine fille, tu as trouvé l’amour.
- Je m’excuse, répondit-elle, vexée, mais j’aurais pu trouver l’amour autrement. Les criminels ont aussi besoin d’amour, tu sais !
Soudain, un déclic se fit dans la tête de Luna. Mais bien sûr ! Pourquoi n’y avait-elle pas pensé plus tôt ? Pendant ce temps, Spirou soupira d’agacement.
- Je blaguais, voyons. Pfft ! Tu es aussi susceptible que Fantasio…
Elle n’entendit pas ses excuses, trop enthousiasmée par sa trouvaille. Eurêka ! Elle avait trouvé ! Mais, avant tant d’organisation, elle devait faire la première chose sensée.
- Et si on dormait ?

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