Quoi de mieux qu’une grasse matinée pour digérer toute cette bouffe de Noël… Malheureusement, Fantasio ne put profiter de cet instant de paresse, puisqu’il devait donner le petit-déjeuner à Lily-Ann (et aussi parce que Seccotine dormait encore…).

Le père s’attendait à retrouver Spirou dans la cuisine… mais il fut plutôt surpris de retrouver Luna en train de verser de l’eau dans la cafetière électrique. Lorsqu’elle mis en marche l’appareil, elle sourit en voyant ceux qui venaient d’entrer dans la pièce.

- Oh, mais tu es très matinale, toi…

À ce ton très maternel, Fantasio sut qu’elle s’adressait à sa fille.

- Et moi alors ? se vexa-t-il alors qu’elle prit la petite dans ses bras. Tu ne me dis pas bonjour ?

Taquine, Luna lui répondit :

- Oh, on dirait que ton papa est très fâché…

Et Lily-Ann se mit à rire.

- Et si je continuais à l’ignorer pendant que je m’amuse avec toi, hein ?

- Oh, ça va ! soupira le blond, agacé. J’ai mieux à faire…

Avant qu’il puisse se tourner vers le réfrigérateur, l’Italienne remit la bambine dans les bras de Fantasio tout en lui faisant une bise amicale.

- Pardonne-moi, je ne peux résister à l’envie de te provoquer…

À nouveau, le père soupira.

- Tu n’es pas la seule à le faire.

- Évidemment, puisque c’est si facile de te faire réagir…

Et Fantasio réagit, ce qui amusa beaucoup Luna. Soudain, un sourire apparut au coin de ses lèvres et ses yeux s’illuminèrent, ce qui inquiéta la jeune femme, car elle comprit qu’il venait d’avoir une idée en tête. En effet, ce dernier se tourna vers sa fille et lui dit calmement :

- Alors, ma puce, j’espère que tu as bien dormi… car papa n’a pas pu fermer l’œil pendant que ton parrain et ta marraine jouaient au docteur.

Malgré le choix soigné des mots, elle ne pouvait s’empêcher d’être offusquée et répliqua vivement :

- Si papa ne pouvait fermer l’œil, il aurait pu jouer au docteur lui aussi.

- Non, parce que maman avait mal à la tête, répondit amèrement le blond.

Et Luna éclata de rire.

- Raison de plus pour jouer au docteur ! s’exclama-t-elle.

Pendant qu’il installait Lily-Ann sur sa chaise haute, Fantasio ajouta :

- Profites-en, car ça ne sera plus possible quand tu auras des enfants.

En fine observatrice qu’elle est, l’Italienne répondit :

- Si tu souhaites un peu plus d’intimité avec Seccotine, je peux garder la petite pour toi.

Il écarquilla les yeux, étonné de sa perspicacité. Comment pouvait-elle deviner ce qu’il souhaitait ? Peut-être laissait-il transparaître sa frustration sans le vouloir…

Soudain, un « toc-toc » à la fenêtre le sortit de ses pensées… et fut surpris de croiser un vieil homme barbu vêtu de rouge et de blanc.

- C’est le père Noël !

- Mais non, Fantasio, c’est-

Mais Fantasio posa sa main sur les lèvres de Luna et, un doigt sur les siennes, il lui demanda de taire la véritable identité face à Lily-Ann.

- Ooooh… comprit la jeune femme. Mais oui, c’est le père Noël !

Sur ce, elle s’empressa d’aller ouvrir la porte à ce jovial monsieur.

- Ho ! Ho ! Ho ! Sabre de bois ! Quel temps froid, dehors !

- Monsieur le C- je veux dire, monsieur le père Noël ! s’exclama la brunette. On vous attendait, justement…

-xxx-

Pour se réchauffer, rien de mieux que de prendre un bon café entre vieux amis… Le Co- je veux dire, le père Noël, buvait tranquillement le sien, assis en face de Fantasio alors que Luna donnait la purée à Lily-Ann.

- Alors, père Noël, commença le blond, il me semblait que vous étiez supposé de venir la veille…

Penaud, le bonhomme du temps des Fêtes avoua :

- Oui, je devais venir vous voir… mais j’ai eu un empêchement… Mon véhi- je veux dire : mon traîneau – a eu une crevais- un renne s’est foulé la cheville.

- Ouh là, j’avoue que ça ne doit pas être facile en plein hiver… répondit Fantasio, compatissant.

- Heureusement, en fouillant dans mon coffre à gants, j’ai trouvé ceci.

Le père Noël posa une petite fiole sur la table.

- Avec ce petit remède miracle, j’ai pu boucher mon pn- soigner mon renne.

- Mais l’important, c’est que vous soyez ici, conclut le jeune père.

Un sourire s’étira sous la fausse barbe blanche du nouveau venu.

- Oui… Pour les enfants…

Puis il s’exclama soudainement :

- Sac à papier ! J’ai oublié ma hotte dans mon auto !

Se rendant compte de son erreur, il rit nerveusement :

- Ho ! Ho ! Ho ! Je parlais bien sûr de mon traîneau !

Mais Lily-Ann n’avait pas conscience de cette imposture. Cependant, elle était ravie d’entendre ce rire si joyeux.

-xxx-

Plus tard, alors que tous étaient enfin réveillés et avaient pu manger, la bambine put ouvrir son cadeau dans le salon : un mobile.

- Mais pas n’importe quel mobile, expliqua le père Noël. Chaque pièce que notre puce va toucher produit une note de musique. Croyez-moi, elle devrait ainsi développer ses goûts pour ce bel art…

Curieux, Spip toucha à un de ces morceaux de métal aux bords arrondis et, en effet, on put entendre la note « ré » suivie d’une lumière orangée, qui s’atténua aussitôt que l’écureuil retira sa patte, surpris. Il recommença le geste, puis toucha à un morceau plus gros : c’était la note « fa » avec une lumière verte. Après avoir exploré les sept formes géométriques, il s’improvisa musicien et fit un mini-concert pour le plus grand plaisir de Lily-Ann.

- Comme c’est mignon ! s’émerveilla Seccotine. Pour elle, tout lui semble nouveau…

C’est alors qu’elle sentit deux mains se poser sur ses épaules et cette voix lui chuchoter :

- Peut-être parce qu’elle tient ça de toi.

Elle se retourna et vit Fantasio. Un sourire apparut sur ses lèvres.

- Flatteur…

Aussi comprit-elle en quoi voulait-il en venir… Mais pas tout de suite ! Il y avait de la visite…