[Fic] Guide de survie à la vie quotidienne - Épisode 8
Par Kristaline, samedi 6 janvier 2007 à 16:58 :: [Fanfictions] :: #287 :: rss
Titre: Guide de survie à la vie quotidienne – Épisode 8 : Comment faire face aux cauchemars
Auteur: kristaline
Rating: R
Disclaimer: Éditions Dupuis
Notes: Côté R parce que c’est dur pour les émotions. J’ai essayé de rendre ça réaliste, mais je m’y connais peu en psychologie 
Notes 2 : J’ai dû vous mentir en disant que ma fic serait légère, mais je me suis trompée. En fait, dans cette fic, il n’y aura pas de grandes aventures comme Les Crocs ou Les Liens, c’est pour ça que j’ai qualifiée cette fic de « légère ». Bref, je vous laisse à votre lecture.
Fantasio était le premier dans les tours de garde. Tours de garde qu’il commençait à trouver inutile, puisque son cousin maléfique ne se pointa pas le nez : il ne se pointa pas plus durant la visite de Blanche et d’Abalie, et encore moins les jours suivants. L’inquiétude avait passé à l’ennui, puis l’ennui à la sérénité.
Il trouvait plaisir à se promener dans les corridors, à écouter le silence de la nuit. C’était une sorte d’électricité qui restait en suspens, qui se mouvait et ne vibrait que lorsque les gens se mettait en mouvement. Le photographe en lui voulait à tout prix saisir cette immobilité mystérieuse, qui devenait cependant fade sur pellicule. Il se promit alors, lorsqu’il lui arrivera une nuit en solitaire, de se consacrer à l’immortalité d’une ambiance.
Il consulta sa montre : minuit moins cinq. Il était bientôt l’heure de réveiller Spirou pour la relève de la garde. Ce qu’il fit l’heure venue. Par la suite, il retourna à sa chambre, mais ne trouva pas le sommeil.
Il veillait sur Seccotine.
Il se promettait d’être le premier à la prendre dans ses bras si elle devait se réveiller en pleurant.
Car elle avait pleuré la nuit d’avant.
Et l’autre nuit qui la précédait.
Elle faisait des cauchemars. Elle ne raconta pas ce qui pouvait tant l’effrayer, mais Fantasio se doutait de quoi il s’agissait. Il s’attendait à cela… mais pas après un si long moment.
Il aurait cru qu’elle refuserait de se donner à lui après ce traumatisme à Red Meaples (doublé de cette infidélité) ou encore, que la première grossesse aurait ajouté un stress supplémentaire… Mais elle avait agi comme si rien ne s’était produit. Elle riait et restait resplendissante.
Malgré la rage en son cœur.
Malgré la peur d’éclater.
Et voilà qu’elle sombrait…
Et voilà qu’il s’en voulait… Il s’en voulait d’être arrivé trop tard, puisque la folie de son cousin avait déjà commencé à imprégner des séquelles en l’esprit de Seccotine. Bien sûr, cela aurait pu être pire. Et les séquelles auraient pu s’empirer…
Brusquement, Fantasio souhaita un retour en arrière. Un passé où il éprouvait une joie intense lorsqu’elle restait jusqu’à l’aurore. Une époque où elle contemplait chaque centimètre carré de sa peau plutôt que le ciel étoilé. Un espace temporel lointain où il arrivait à la faire frissonner au bout des doigts.
Il savait les voyages dans le temps accessibles. Mais ce n’était pas cela qui allait arranger la solution. L’amertume dans l’âme, il comprit qu’il devait traverser la tempête. Avec elle.
-xxx-
C’était avec soulagement que Fantasio revint de son dernier reportage. Cet éloignement forcé lui avait apporté nombre d’inquiétudes au sujet de sa femme, mais Luna avait promis de veiller sur elle, ce qui le rassura un peu. C’était aussi Luna qui l’avait pris à part dès son arrivé.
Pendant cette semaine sans les hommes, Seccotine en profita pour initier l’Italo-belge au ski fond, mais cette dernière déclina l’offre. Cependant, elle eut droit à une rare confidence lorsque la blondinette revint de sa promenade, le souffle court et les joues rougies par le froid.
- Garde ça pour toi, Luna, mais… Même s’il est gentil, j’ai peur de ce que Fantasio peut me faire. Après tout, c’est le cousin de Zantafio…
Mais Luna n’a pas tenu parole et à tout révélé à Fantasio… qui, s’il ne faisait que froncer les sourcils, n’en demeura pas moins révolté.
- Pourquoi pense-t-elle cela ? Croit-elle vraiment que je la violerais comme lui ?
Soudain, il ne savait s’il avait honte de son cousin ou de faire partie de cette famille. Puis Luna le tira de ses pensées.
- Puisqu’on est dans les confidences, je dois t’avouer que je l’ai rassurée en lui disant…
Tu sais, Secco, ça peut t’étonner, mais j’ai connu Zantafio. Même si cela a duré peu longtemps, je peux t’assurer que je le connais assez bien pour te dire que Fantasio n’est pas comme ça. Pas du tout.
Avec un sourire énigmatique, elle ajouta :
- Maintenant, c’est à toi de le prouver.
-xxx-
- Fantasio, je ne voudrais pas me mêler de tes perversités, mais…
- Ne pose pas de question et attache-moi !
Spirou soupira, prit les cordes et obéit à son meilleur ami, qui était en pyjama.
- Serre plus fort, il ne faut pas que je me libère, exigea le blond.
- Mais pourquoi c’est à moi que tu me le demandes ? Tu aurais pu demander à-
- Secco ne doit pas être au courant.
Comprenant qu’il s’agissait d’une surprise, le rouquin fronça les sourcils.
- Tu ne trouves pas que tu vas un peu trop vite ? Après ce qu’elle a vécu…
Mais Fantasio, le plus sérieusement possible, lui répondit :
- Puisque je suis si bien attaché, je ne peux rien lui faire.
Voilà qui rassura Spirou alors que ce dernier resserra les liens des mains, fixés à la tête de lit.
- Puisqu’il m’est arrivé de te faire confiance dans tes projets de fous…
Un sourire effleura les lèvres du jeune homme, qui ajouta :
- Je te souhaite bonne chance.
Et il le laissa seul, cloué au lit, incapable de bouger. Heureusement, il n’eut pas à attendre longtemps, car Seccotine arriva dans la minute qui suivit. Sa première réaction fut de lui demander :
- Mais qu’est-ce que tu fabriques ?!
Puis, avant qu’il puisse lui répondre, elle s’empressa d’aller le libérer et ce fut à cet instant qu’il lui interdit de défaire les liens. Étonnée, elle répliqua :
- Pourquoi fais-tu ça ? Est-ce une expérimentation d’une nouvelle méthode de sommeil ?
Son mordant fit sourire Fantasio, puis redevint rapidement sérieusement.
- Non, ce n’est pas cela. Vois-tu… c’est pour te montrer que, contrairement à un certain membre de ma famille, j’ai du respect pour toi.
Un long silence s’installa, dans lequel le couple ne cessait de se regarder. Pendant ce qui pouvait lui sembler une éternité, Fantasio commençait à redouter le pire. Il était à sa merci. Elle pouvait faire n’importe quoi de lui. Comme se faire retirer ses parties. Par simple vengeance…
Finalement, Seccotine reprit la parole, tremblante.
- C’est… c’est Luna qui t’en a parlé, n’est-ce pas ?
Entre sa paranoïa et sa raison, il confirma cette question. La blondinette baissa la tête, puis s’assit au bord du lit tout en laissant échapper un soupir.
- Je suis en train de devenir folle… La preuve, je sais que tu n’es pas comme lui… Mon cœur le sait… mais ma tête ne veut rien entendre…
- Tu n’es pas folle !
Elle tourna son regard vers lui, qui était tentait de maîtriser sa révolte intérieure.
- Tu n’es pas folle ! Tu es forte ! Tu le sais ! Ce ne sont pas les perversités de Zantafio qui vont t’arrêter ! Je sais que ça te fait mal… mais il faut tourner la page ! Parce que je n’ai pas envie que notre fille souffre pour toi !
Ce fut le choc révélateur. Non, il était hors de question que Lily-Ann paie le prix de sa détresse. Pour cela, il fallait s’en débarrasser le plus vite possible. Elle se pencha vers Fantasio et défit les liens de ses mains.
- Mais… qu’est-ce que tu fais ?
Un sourire coquin se dessina sur le visage métamorphosé de la blondinette.
- J’ai besoin de deux bras protecteurs pour m’envelopper cette nuit.
Seccotine ignorait si c’était cette douce étreinte ou sa volonté renforcée, mais elle ne fit plus de cauchemars…

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