Septembre qui commence, adieu Providence. Les feuilles d’automne retrouvèrent leur premier vol perdu, soulevés par les pas de parents en devenir. Au bout d’un silence envahi par le doux crissement du tapis multicolore, la future mère déclara :

- On dirait que ma vie prend un autre sens.

Le rouquin se tourna vers la jeune femme, qui était jusqu’à maintenant songeuse. Il lui sourit.

- Un vieil ami à moi m’a dit qu’il est dangereux de naviguer tout le temps sur des rapides. Il est vrai que cette tranquillité ne nous fait pas de mal.

Soudain il crut voir des cerisiers en fleurs…

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Octobre dans la nuit, temps des sucreries. Maintenant qu’elles avaient plus de temps pour soi, Seccotine et Luna se faisaient une joie de préparer des gâteaux… pour ensuite les manger à elles seules.

- Je me sens coupable à manger autant… soupira l’Italienne après avoir dévoré une de ces succulents pâtisserie.

- Pas moi, sourit la blondinette. Et ne m’oblige surtout pas à suivre un régime après mon accouchement.

- Ne t’inquiètes pas.

Le regard malicieux de Luna lui fit ajouter :

- Je connais une meilleur façon de perdre du poids tout en s’amusant…

Comprenant le sous-entendu coquin, elles pouffèrent d’un rire complice.

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Novembre à moitié, pluie à volonté. Confortablement installés sur le canapé, les deux parents virent leur fille venir vers eux. Le père l’aida à grimper la haute falaise pour ensuite la déposer dans les bras de la mère.

Lily-Ann n’était pas bête. Elle savait que sa maman avait pris de plus en plus de poids. Elle hésitait à toucher ce qui l’intriguait, mais sa maman lui prit délicatement sa main et la déposa sur son ventre.

On lui disait qu’elle allait avoir un nouveau compagnon de jeu. Elle préférait Pierre Lagaffe, mais ne trouva pas les mots pour le dire…

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Décembre en folie, absence de soucis. Enfin, lorsqu’on a pris soin d’acheter tous les cadeaux et d’avoir bien organisé le menu du réveillon. Spirou et Fantasio pouvaient enfin souffler un peu.

- Au prochain Noël, nous serons déjà sept, constata le blond.

- Huit, rectifia le rouquin. Tu as encore oublié Spip.

Puis, ce dernier sourit et ajouta :

- Nous sommes en train de former une famille nombreuse… ce qui est rare de nos jours.

Par la suite, Fantasio tapota l’épaule de son ami et lui répondit :

- Je suis content que tu deviennes père. Je suis sûr que nos enfants vont bien s’entendre.

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Janvier nuageux, écureuil heureux. La chambre de l’enfant à naître était enfin prêtre. Spirou la présenta à Spip, qui put évaluer, d’un simple coup d’œil, tous les endroits sécuritaires à l’escalade.

- J’ai très hâte qu’il vienne au monde, souffla le rouquin.

- Moi aussi.

Mais pas pour les mêmes raisons. Le rongeur commençait à avoir marre de ces discussions tournant autour du futur bébé. À quand ce retour sur ce sujet primordial, c’est-à-dire lui ?

Or, il lui venait la même question que les autres curieux : ce bébé, à qui va-t-il ressembler ? Ainsi que celle-ci :

- Dis, je pourrais dormir dans cette chambre ?

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Février à l’aurore, le plus doux des trésors. Il ne restait que quelques semaines à Luna pour mettre sa grossesse à terme. Les déplacements lui parurent plus difficiles. Heureusement que Spip pouvait se rendre utile pour lui apporter quelques effets au-delà de sa portée de main.

Elle était ravie de son aide. Et, pour le récompenser, elle lui permit d’écouter son ventre, ce ventre qui a pris tant d’ampleur au fil des mois.

Posant ses oreilles sur cette peau mat, l’écureuil se permit de rêver. Ce qui serait agréable de fonder sa propre famille…

Puis, il se ravisa. Idée ridicule…