[Fic] Femme de choc - Chapitre 1
Par Kristaline, lundi 26 mars 2007 à 03:35 :: [Fanfictions] :: #167 :: rss
Titre: Femme de choc – Chapitre 1 : En route !
Auteur: kristaline
Rating: PG-13
Disclaimer: Éditions Dupuis
Notes: Eh non, cette nouvelle fic (suite des « Crocs de l’hiver » et des « Liens du sang ») ne s’appelle pas « L’étoile antillaise », mais bel et bien « Femme de choc », où, vous aurez compris, les femmes auront de l’importance dans cette nouvelle aventure. Je vous suggère fortement d’avoir lu « Guide de survie à la vie quotidienne », plus précisément les deux derniers épisodes. Sinon, attendez-vous à être très surpris
Bonne lecture !
On n’oublie jamais l’effervescence qu’il peut y avoir dans l’air la veille d’un départ. Tous ces détails à régler, souvent à la dernière minute. Tous ces effets à rassembler dans une seule et unique valise qui, parfois, refuse de se refermer tant elle est encombrante. Et tout cela dans une ambiance électrique provoquée par cinq adultes, quatre enfants… et un écureuil !
- Prunelle ? Oui, c’est moi !
Ainsi parlait Fantasio à son portable en cette soirée d’un début de juillet. Autour de lui, dans la salle à manger, les visages étaient toujours en mouvement.
- Oro, puis-je avoir la mayonnaise, s’il te plaît ?
- Bien sûr, répondit Ororéa en passant l’ingrédient à Seccotine. Eh, Luna ! Mais... que t’est-il arrivé ?
- Demande-le plutôt aux garçons, ils ont déclenché une bataille d’eau dans la salle de bain, cracha la mère en essorant ses cheveux. Et toi, chéri, je te prie de ne pas rire !
Mais Spirou n’en pouvait plus et préféra subir le regard noir de sa belle en laissant aller son hilarité.
- Ce n’est pas drôle ! protestèrent deux petites voix.
Et le rouquin posa son regard, empreint d’une espièglerie toujours renouvelée, sur les têtes blondes, l’une âgée de neuf ans, l’autre, de sept ans.
- Allons, il ne faut pas en faire un drame… dit-il d’une voix douce.
Ce qui arracha un sourire à Luna.
- Toujours en train de défendre le fruit de ton essence.
- Comment une essence peut donner un fruit ? questionna la plus jeune des fillettes.
- Euh… tu es trop jeune pour cela, Célestia, répondit Seccotine, embarrassée.
- Moi, j’en ai assez ! clama l’aînée. Les gars sont des cons !
- Lily-Ann !
- Mais tante Lulu l’a dit !
- Luna !
- Mais… je disais cela pour remonter le moral d’Ororéa !
La concernée ne put qu’émettre un simple soupir et abandonna alors la préparation des sandwichs.
- Si vous me le permettez, dit-elle, je vais dire au moins un mot à mon fils…
Et son départ apporta le silence, enfin si on pouvait appeler silence ces réponses de Fantasio à son portable.
- Et surtout, surtout, interdit l’accès à Gaston au grenier…
Devant ce malaise, Seccotine ne put qu’amener ses filles vers leur chambre à coucher.* Quant à Spirou, il se tourna vers Luna.
- Tu as vraiment dit cela ?
- Quoi ?
- Que les gars sont des cons ?
Sa compagne étouffa un rire et vint s’asseoir sur les genoux du rouquin.
- Allons, tu n’y es pour rien. C’est juste que…
Elle laissa sa phrase en suspend avant de soupirer.
- Ça me désole de la savoir seule.
Cette fois-ci, ce fut Spirou qui soupira.
- Combien de fois vais-je te dire que le célibat n’est pas une malédiction ?
- Et savais-tu que le célibat est une malé-
Fantasio s’interrompit, ayant failli répéter ce que son meilleur ami venait de dire. Amusée, Luna se leva et embrassa son amour.
- Je vais mettre notre fils au lit. Et ensuite… les bras de Morphée pour moi.
- Pareil pour moi.
Aussitôt qu’elle fut parti, le journaliste se leva et posa une main sur l’épaule du blond.
- Tu devrais dormir, vieux. On a un long chemin qui nous attend.
- Pas avant les dernières directives pour le bureau. Je n’ai pas envie que la visite des pompiers nuisent à l’image de notre journal.
- Prunelle est un homme de confiance. Je suis sûr qu’il se débrouillera très bien sans nous.
Puis, il ajouta :
- Ne t’inquiètes pas, le journal ne devrait pas passer au feu…
-xxx-
- Au feu ! Au feu !
- Quoi ? Mais il n’y a pas de feu !
Lily-Ann posa brusquement ses mains sur les épaules du noiraud à lunettes.
- Pierrot ! C’est sérieux ! Il faut absolument que tu saches quoi faire pendant qu’on n’est pas là…
Entre temps, Manuarii accéda à la cabane dans l’arbre à l’aide d’une échelle en corde. Quiconque ayant pu le croiser était étonné par ce frappant contraste : de courts cheveux noirs, une peau mat… mais des yeux d’un bleu si doux.
- Lily, ta mère te cherche.
- Est-ce que les morveux t’ont suivi ?
- Je ne crois pas, non.
- Au fait, Pierrot, tu sais quoi faire au cas où les morveux t’empêchent de partir ?
- Bah oui. Il suffit que je sors mon boyau…
- Oui.
- Et que je leur pisse dessus !
La blondinette, ayant compris qu’il ne s’agissait pas du même boyau, ne put s’empêcher de grimacer, ce qui déclencha les rires chez les garçons.
- Je crois que ça devrait marcher, assura Manuarii.
Puis, il prit la main de sa demi-sœur.
- Allez, petite nature, on y va.
-xxx-
Pendant ce temps, derrière un arbre, Célestia scruta les airs à l’aide de jumelles. À ses côtés, un petit rouquin lui demanda :
- Alors ?
La fillette tendit l’instrument à Gaeth.
- On ne peut pas. Le binocle garde le fort.
Voyant enfin Pierre à travers les lentilles, le garçon grogna de mécontentement.
- C’est pas juste ! Faut toujours que ce soient les plus vieux qui aient tout !
Il remit les jumelles à sa compagne de jeu et refit le chemin inverse, maussade. La petite blonde le rejoignit en courant.
- T’en fais pas, on s’en fera une cabane, nous aussi !
- Ce n’est pas la cabane qui m’intéresse !
Il en avait tout simplement assez. Assez de ne pas avoir droit aux mêmes privilèges que les aînés. Pourtant, son père lui avait maintes fois dit que tout être humain est égal, qu’ils ne devraient pas exister, ces relations dominant/dominé.
- Je veux être comme eux. Tu comprends, Célest’ ? Je veux pouvoir jouer avec eux, mais ils me traitent en bébé…
Surtout Lily-Ann, qui la regardais souvent de haut (il faut aussi dire qu’elle est assez grande, cette enfant). Manuarii, c’était un peu différent, puisqu’ils avaient tous deux ce que les filles n’avaient et n’auront pas. Mais il agissait différemment lorsque Lily-Ann était là. Et Pierre… Gaeth ne pouvait rien dire de lui, puisqu’ils n’étaient pas assez proches…
- S’ils te traitent en bébé, c’est parce que tu pleures encore…
Irrité, le garçon asséna un coup violent au bras de la fillette, qui laissa couler ses larmes.
- Tu vois ? Toi aussi tu pleures.
- C’est parce que j’ai mal, idiot ! cria Célestia.
Ils allaient se bagarrer lorsque soudain, ils entendirent cet appel familier :
- Ik ! Ik !
Après ce qui leur parut sembler une éternité, Spip était enfin revenu de son excursion sylvestre. Pourtant, il était absent seulement une journée…
- Ne me dites pas que c’est la guerre depuis que je suis parti…
- Spip !
Oubliant rapidement leurs différends, les enfants prirent l’écureuil dans leurs bras.
- Hé ! Doucement ! J’ai eu une dure nuit…
Mais ils ne pouvaient comprendre qu’il venait de fêter son départ imminent avec les animaux de la forêt, d’abord diurnes, puis nocturnes.
- Ah, le revoilà ! s’exclama Lily-Ann en passant près d’eux. On va pouvoir partir en paix.
Surtout depuis qu’elle sait son palais protégé, pensa rageusement Gaeth.
-xxx-
Une fourgonnette de couleur grise s’immobilisa devant l’entrée, devant les yeux ébahis des trois mères.
- Mais… s’exclama Seccotine en voyant sortir les pères de famille. Je croyais que vous étiez supposés une voiture supplémentaire à la nôtre.
- Fantasio tenait à tout prix à vous faire la surprise, répondit Spirou en faisant un clin d’œil espiègle.
- Euh… fit Luna. Au cas où vous ne saviez pas compter, on est neuf et non sept.
- Ne crains rien, rassura Fantasio, mon génie a su régler ce détail…
À ces mots, il se dirigea vers l’arrière de la voiture et ouvrit la porte. Au lieu de la place habituellement réservée aux bagages, deux sièges supplémentaires étaient placés sur le côté de façon à se faire face.
- C’est bien, approuva Ororéa. Cependant, que fait-on des valises ?
- La réponse est sur le toit !
- D’accord, mais s’il pleut ? questionna Luna.
Cette fois-ci, le blond craqua.
- Les valises imperméables, vous connaissez ?
Il referma la porte d’un coup sec.
- Si vous n’êtes pas contentes, vous ne me demandez plus rien !
Et il se dirigea vers la demeure, Spirou sur ses talons.
- Fantasio, ce n’est pas le moment de bouder… Fantasio !
- Mais qu’est-ce qui lui prend ? s’insurgea l’Italo-belge.
- Tu le connais, Luna, il est émotif, expliqua Seccotine.
- C’est une évidence, sourit Ororéa, mais je me surprends à te savoir si sereine.
- Lorsque ça fait bientôt dix ans qu’on est mariée à un homme, on finit par le connaître. Enfin, j’imagine… ce garçon m’étonnera toujours.**
- Hé, on a une nouvelle voiture ! s’exclama Manuarii, émerveillé.
La native de Tora-Torapa enlaça son fils par l’arrière en souriant à nouveau.
- Ton père est un être exceptionnel, tu sais.
-xxx-
Spirou réussit heureusement à raisonner Fantasio. Pas entièrement, mais ce dernier avait en tête un moyen de se défouler pendant que son meilleur ami serait au volant…
- Maman ! protesta Célestia. On ne peut pas jouer !
Assise à la place du co-conducteur, Seccotine soupira. Il fallait un miracle pour que Fantasio puisse abandonner aussi facilement. Surtout en période de frustration…
- Vous n’avez pas besoin d’un jeu vidéo inséré dans cette voiture modifiée pour vous amuser. Parfois, l’imagination suffit pour passer le temps.
Elle eut soudainement une idée.
- Et si on jouait à un jeu ? Puisque votre père ne sait pas ce qu’il manque, le compte sera bon : un parent jumelé à un enfant. Chacun notre tour, on essaie de devenir à quoi son partenaire de jeu pense.
- Une sorte de « fais-moi un dessin » ? interrogea Spirou.
- Exact.
Naturellement, les enfants s’allaient à leurs propres parents : Spirou avec Gaeth, Ororéa avec Manuarii, Seccotine avec Célestia et, puisqu’elle était sa filleule, Luna choisit Lily-Ann.
Au moment où Ororéa et Manuarii étaient déclarés vainqueur, le journaliste rouquin annonça fièrement la fin de leur voyage. C’était avec soulagement que tous débarquèrent du véhicule, en particulier Spip, qui respirait à plein poumons cet air qui lui était familier.
- Mes amis… soyez à nouveau les bienvenus chez nous.
Ainsi avait parlé le Comte de Champignac en sortant de sa maison, accompagné d’une personne vêtu d’un sarreau blanc.
- Vous auriez dû voir comment j’ai vaincu ces monstres, les enfants, s’exclama Fantasio en rangeant le jeu vidéo. Vous auriez été fier de… Zorglub ?!?
(*) Il n’y a pas de faute, elles partagent la même chambre 
(**) Référence à une BD franco-belge très connue ^^

Commentaires
1. Le mardi 27 mars 2007 à 11:48, par Spock
2. Le jeudi 29 mars 2007 à 14:42, par Amber
3. Le vendredi 30 mars 2007 à 23:23, par Maria
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