[Fic] Femme de choc - Chapitre 2
Par Kristaline, lundi 9 avril 2007 à 16:53 :: [Fanfictions] :: #169 :: rss
Titre: Femme de choc – Chapitre 2 : Cache-cache
Auteur: kristaline
Rating: PG-13
Disclaimer: Éditions Dupuis
Notes: Oui, je sais, c’était long, mais j’avais des travaux d’école à faire… Mais voici le deuxième chapitre ^^ !
- Oh, mais où avais-je donc la tête ? s’exclama le Comte. Est-ce que je vous ai mentionné que mon cher collègue s’est installé ici il y a plus de deux mois ?
- Installé ? reprit Fantasio. Ce qui veut dire : en permanence ?!
- Pas tout à fait, s’expliqua Zorglub. Je compte bien avoir mon propre domaine un de ces jours, mais, pour le moment, j’assiste Pacôme à ses expérimentations.
- Allons, Zorglub, rigola le vieux savant. Depuis quand proclamez-vous assistant ?
- Depuis que je touche aux champignons.
Par la suite, il prit la valise des mains d’Ororéa.
- Permettez-moi de prendre vos bagages, mademoiselle Ororéa.
- Vous vous rappelez de moi ? se surprit cette dernière.
Pris au dépourvu, le pauvre scientifique ne sut quoi lui répondre et, rouge de honte, retourna dans la demeure. Luna étouffa un rire, que la photographe repéra rapidement :
- Oh, mais arrête ! Il doit être embarrassé, le pauvre…
- Comment il ne pourrait pas l’être ?
Entre temps, Spirou, Fantasio et le Comte étaient entrés, eux aussi les bras chargés de bagages. Seccotine, quant à elle, était aux prises avec les requêtes des enfants :
- On peut aller jouer dans le bois ?
- On peut aller se promener dans le village ?
- On peut aller se baigner ?
- S’il vous plaît, calmez-vous ! demanda la blondinette. On aura amplement le temps de tout faire. Mais d’abord, on va commencer par le pique-nique…
-xxx-
Allongés sur les nappes, tous profitaient des chauds rayons de ce bel après-midi. Les bonnes odeurs éveillaient la faim des saveurs, qui se passaient de boîte en boîte. Les adultes se versaient du vin tout en goûtant la nonchalance du temps en suspend. Bien entendu, les enfants ne connaissaient pas la patience d’un repas, ce qui expliquaient pourquoi ils mangeaient leurs sandwichs avec gloutonnerie.
- On a fini ! s’exclama Gaeth en venant vers son père. Maintenant, on peut aller jouer dans la maison ?
Spirou chercha un accord venant du Comte et de Zorglub. S’il fallait que son fils trouve un laboratoire, Dieu seul savait ce qui pouvait se passer…
- Mais bien sûr, Gaeth, répondit le Comte avec un grand sourire.
- Chouette ! Tu viens, Spip ?
L’écureuil suivit le petit rouquin en sautillant de joie.
- Enfin ! On va bouger un peu !
Tous les enfants réussirent à se frayer un chemin au milieu des plats et des bouteilles, à l’exception de Célestia qui, ayant retenu de son père cette légendaire maladresse, tomba tête première dans l’assiette de crudités. Heureusement, Ororéa l’aida à se relever avant qu’elle ne meure de honte.
- Amuse-toi bien ! lui dit-elle avant de la laisser partir.
Les enfants engouffrés dans la maison, le Comte rigola un moment.
- Quelle belle jeunesse !
- Je suis tout à fait d’accord avec vous, répondit Fantasio en allumant sa pipe. Ils n’arrêteront jamais de me surprendre.
- Je peux vous comprendre. J’ai un neveu qui me fait le même effet.
Soudain, Zorglub se releva, visiblement nerveux.
- Mais où allez-vous, mon cher ami ? demanda le Comte.
- Je… j’ai une petite urgence…
Et il se précipita vers la demeure.
- Comme c’est étrange, souligna le savant. À la même heure, il dit la même excuse…
- C’est l’incontinence, répondit Fantasio.
Luna lui donna une claque en arrière de la tête alors qu’il venait de prendre une bouffée, ce qui donna comme effet une quinte de toux.
- Un peu de respect ! C’est sérieux, comme problème !
N’empêche, l’incontinence était une belle excuse, pensa le blond.
-xxx-
- 1… 2… 3… 4…
Les yeux fermés, Manuarii pouvaient entendre ses compagnons de jeu s’enfuir en courant. Cette partie de cache-cache s’annonçait comme une des plus excitantes, compte tenu de la grandeur de ce château.
- 14… 15… 16… 17…
Plus de la moitié du temps accordé s’était écoulée. Déjà, Lily-Ann et Célestia avaient déniché leur cachette : l’une dans le garde-robe, l’autre derrière une bibliothèque.
- 26… 27…
Pris de panique, Gaeth se cacha derrière les rideaux.
- 30 ! Prêts, pas prêts, j’arrive !
Au même moment, Spip se faufila derrière une porte entrouverte. De justesse, soupira-t-il.
- Tu dois être sacrément intelligent pour contourner les pièges menant jusqu’ici.
L’écureuil sursauta, provoquant le rire de l’inconnu. Ou plutôt, de l’inconnue, tant cette voix lui parut féminine. Il tourna sa tête dans tous les sens, tentant de trouver la source, mais celle-ci lui dit :
- Un peu plus haut et tu me trouveras.
Alors, il n’en crut pas ses yeux. Ces yeux qui fixèrent cet aquarium au fond rempli d’algues et de coraux. Cet aquarium dans lequel se trouvait une créature, de la même grandeur que lui. Une créature ayant de petites oreilles pointues, des pattes aux doigts palmées ainsi qu’une longue queue fine et aplatie. Spip crut d’abord faire face à une représentante de son espèce, mais il se rappela qu’aucun écureuil ne pouvait vivre dans l’eau et ne pouvait avoir la fourrure bleue.
Avant de pouvoir lui adresser la parole, il entendit des pas. Craignant de se faire découvrir par Manuarii, il grimpa sur le comptoir et se cacha derrière une rangée d’éprouvettes contenant des liquides aux multiples couleurs. Puis, il vit entrer Zorglub et s’aperçut, pour la première fois, que ce dernier pouvait être attendri.
- Désolé de mon retard, Cassiopée.
Se penchant sur un petit réfrigérateur, il en sortit un plat d’algues qu’il donna à la créature une fois que celle-ci sortit la tête de l’eau.
- Beurk ! s’exclama Spip. Comment peut-elle manger des choses aussi dégoûtantes ?
C’est alors qu’on frappa à la porte. Zorglub, en sursautant, fit voler le plat d’algues à quelques centimètres de l’écureuil.
- Hé ! Mais ça va pas ?!
- Désolée de vous déranger, mais je ne peux m’empêcher de satisfaire ma curiosité.
Alors qu’Ororéa s’avança dans la pièce, Cassiopée, craintive, se cacha derrière les coraux, au point de devenir presque invisible.
- Bi… Bienvenue dans mon laboratoire, répondit le scientifique, embarrassé.
- C’est donc ça, ce pourquoi vous êtes partis ? demanda la femme, amusée. Pour continuer d’autres expérimentations ?
- La science, c’est… c’est toute ma vie.
Tout en rigolant, Ororéa ajouta :
- Vous devriez arrêter de vous en faire. Là d’où je viens, on prend le temps de profiter de la vie.
La pièce, habituellement sombre, parvenait à être éclairée grâce au peu de lumière infiltré par les rideaux. Rideaux qu’elle écarta soudainement.
- C’est une belle journée. Il faut savoir apprécier cela.
Presque aveuglé, Zorglub commençait à avoir les mains moites et la bouche pâteuse, tant la salive avait décidé de migrer par en bas.
- Vous… vous avez raison.
Pendant ce temps, Spip se moqua de la façon dont l’homme de science se comportait. Mais il vit le regard noir que lui adressa Cassiopée et cela apporta en lui nombre de questions : tout d’abord, comment était-elle venue dans ce laboratoire ?
- Hé !
L’écureuil sursauta au cri de Zorglub, qui n’hésita pas à prendre un balai pour le chasser.
- Ouste !
Or, en dirigeant son balai vers Spip, l’homme toucha les éprouvettes derrière lesquels l’intrus s’était caché. Ce dernier n’eut pas le choix et préféra s’enfuir.
- Arg !
- Je… je suis désolée pour Spip.
Le visage décomposé à la vue du fruit de plusieurs heures de travail, Zorglub se laissa tomber à genoux. Si seulement il n’avait pas oublié de refermer la porte et de la verrouiller avec une combinaison… Mais non ! Il était trop distrait pour le faire !
- Si vous le voulez, je pourrais vous aider à tout ramasser.
Il se félicita d’être à dos d’Ororéa, car il se mit à rougir brusquement.
-xxx-
Une promenade du château vers le village pouvait paraître long, mais rien n’était long aux yeux des enfants lorsqu’il s’agissait d’aller manger un cornet de crème glacée. De plus, cette promenade était suffisamment longue pour permettre aux deux accompagnateurs d’entamer une discussion.
- Tu ne crois pas que Gaston va encore faire brûler le journal ?
- Allons, Fantasio. Prunelle m’a promis de m’appeler au moindre problème. Jusqu’à maintenant, c’est bon signe, puisqu’il ne m’a pas appelé.
- Peut-être que son portable s’est perdu dans la nouvelle déchiqueteuse à carton de Gaston !
Spirou rigola.
- Où vas-tu chercher tout ça ?
- Mais je t’assure qu’il a inventé une déchiqueteuse !
- Je t’en prie, ne pense plus au travail. On est en vacances, on relaxe…
Et le blond explosa.
- Justement, je ne suis pas capable de relaxer à côté d’un savant fou comme Zorglub !
- Il n’est pas fou, rassura le rouquin.
- Moi, je le trouve plutôt marrant, sourit Gaeth.
- Moi, il me fait peur, ajouta Célestia.
- Moi, je le trouve laid !
- Lily-Ann ! reprocha Spirou.
- Mais quoi ? Il a un long nez !
Les autres enfants l’approuvèrent, laissant le parrain dans l’embarras et faisant sourire son meilleur ami.
- Le dicton est vrai : la vérité sort de la bouche des enfants.
Alors que le groupe aperçut enfin les premières maisons du village, la fille aînée de Fantasio et de Seccotine se mit à courir en criant :
- Le dernier arrivé est une poule mouillée !
- Tricheuse ! hurla Gaeth en la poursuivant.
Célestia et Manuarii emboîtèrent le pas, mais personne ne pouvait réussir à rattraper Lily-Ann, qui méritait bien le surnom de « grande gazelle », tant ses jambes étaient longues et tant elle courait d’une vitesse incroyable à son jeune âge. Elle réussit facilement à garder une certaine distance, mais elle fit l’erreur de se retourner, question d’évaluer cette distance, et ne vit pas la personne avec qui elle fit collision.
Aussitôt, les deux pères coururent à leur tour vers la blondinette qui était tombée au sol. Spirou dut cependant prendre un plus de distance, car son fils venait de dépasser sa grande rivale et il devait lui rappeler que la course était finie. Entre temps, Fantasio se pencha sur sa fille, entouré de ses deux autres enfants.
- Ça va, ma puce ?
Étourdie, Lily-Ann leva sa tête… et rencontra celle d’un enfant à la peau si blanche, constellé de tâches de rousseur. Et pourtant, il n’était pas roux, mais châtain.
- Désolé de ne pas t’avoir vue.
La fillette resta sans voix. Ce garçon ne devait-il pas lui en vouloir ? Pourtant, il lui souriait, si doucement qu’elle en était bouleversée.
- Grande sœur ! apostropha Manuarii, inquiet. Je t’en prie, dis quelque chose !
- Quelque chose…
- Je crois que le choc l’a rendue idiote, suggéra Célestia.
- Elle n’a pas idiote, objecta son père. Elle doit être sonnée, c’est tout.
Pendant ce temps, le garçon étranger se releva sans problème.
- Je suis désolé pour ma fille. Elle est parfois trop compétitrice.
- Ce n’est rien, rassura l’enfant.
- Mais… tu n’es pas Champignacien, n’est-ce pas ? Il me semble que c’est la première fois que je te vois.
Au même moment, Spirou et Gaeth revenaient, ce dernier irrité de voir Lily-Ann recevoir autant d’attention.
- Mes parents se sont installés ici ce printemps. Ça me fait penser, je dois y aller.
Mais avant qu’il puisse continuer sa route, Spirou l’interpella :
- Hé ! Mais pourrions-nous au moins connaître ton nom ?
Toujours avec le sourire, il leur répondit :
- Nathan. Nathan Caténaire, fils du chef de gare.
Spirou et Fantasio s’échangèrent un regard rempli de stupéfaction. Caténaire, l’ancien chef de gare, parti depuis des années, était revenu à Champignac ? Avec un fils ?

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