[Fic] Femme de choc - Chapitre 3
Par Kristaline, jeudi 7 juin 2007 à 18:06 :: [Fanfictions] :: #175 :: rss
Titre: Femme de choc – Chapitre 3 : La perfection
Auteur: kristaline
Rating: PG-13
Disclaimer: Éditions Dupuis
Notes: Après un long moment d’absence (c’est la faute à l’école et leurs longs travaux à remettre :P), me voilà en vacances. Ce qui veut dire plus de chapitres 
Le premier dîner au château ne fut pas de tout repos. En effet, Lily-Ann, la gorge serrée, ne prit aucune bouchée et quitta la table, la tête basse. Fantasio se leva à son tour, inquiet, mais Seccotine l'empêcha de s'en aller en empoignant son bras.
- Laisse-moi. Elle est peut-être malade.
Hypocondriaque, Célestia ajouta :
- Si c'est comme ça, je ne partage pas sa chambre avec elle !
- Personne n'est malade, répondit sa mère. Si elle l'était, je le saurais.
- C'est peut-être les champignons alors... murmura son époux.
Mais ce murmure fut assez fort pour que la journaliste puisse l'entendre et lui jeter un regard noir.
- Fantasio ! chuchota-t-elle. Apprécie au moins l'effort de Zorglub pour ce repas !
- Ce repas ! répliqua-t-il dans le même ton. J'aurais fait mieux à sa place !
- Tu n'es pas chez toi !
- Et alors ?
Les voix s'élevant de plus en plus, le reste des invités savait qu'un orage verbal allait bientôt suivre. Cependant, Seccotine se leva, au grand étonnement de tous.
- Où vas-tu ? voulut savoir Fantasio.
La blondinette haussa les épaules en ajoutant :
- Il serait malpoli de se disputer devant nos hôtes...
Toujours enragé, l'aventurier en vacances quitta la table, mais dans l'autre direction.
- Euh... nous sommes désolés de cet inconvénient, s'excusa Spirou, embarrassé.
- Ce n'est rien, sourit le Comte.
- Non, nous sommes vraiment désolés. Vous devez d'abord savoir que... s'ils se disputent ainsi...
Voyant son amoureux en manque de mots, Luna compléta la phrase, malicieuse.
- ... nous risquons de les entendre se réconcilier durant la nuit.
- Tant mieux ! soupira Manuarii.
Il fallait dire que ce dernier déteste les chicanes, mais il ne comprit pas tout à fait l'allusion amusante de tante Lulu.
-xxx-
Effectivement, il y eut réconciliations, mais passons tout de suite au lendemain matin (car nous sommes dans un chapitre classé PG-13 et non NC-17 :P), où Seccotine, en sortant de sa chambre, croisa une amie ensommeillée, les yeux à peine entrouverts, une tasse de café fumante entre les mains.
- Luna ?! Ce n’est pas dans tes habitudes de te lever si tôt.
Elle comprit cependant que l’Italo-belge avait de bonnes raisons de quitter son lit à une heure si matinale lorsque cette dernière l’invita à la suivre. Quelques minutes plus tard, elles arrivèrent dans une pièce si désordonnée que leurs pas provoquaient des nuages de poussière.
- Mais ? s’exclama la femme blonde. N’est-ce pas une des pièces que monsieur le Comte a interdit l’accès ?
- Et aussi une des pièces que notre chère Luna a réussi à déverrouiller la nuit dernière, répondit Ororéa, déjà présente.
- Luna !
- Bah quoi ? répondit nonchalamment la concernée. Je ne pouvais dormir avec tout ce bruit. Ça m’étonne que Spirou y soit habitué…
- Tu devrais l’être toi aussi, après tant d’années de cohabitation, lança la photographe, amusée.
- Pourrais-je au moins savoir pourquoi je suis ici, s’énerva Seccotine, au lieu de m’embarrasser ?
- On te taquine, tu sais…
Après avoir avalé une autre gorgée de café, qui eut pour effet de dissiper une partie de son sommeil, Luna poursuivit.
- Mesdames, je crois avoir découvert un boudoir.
- Voilà qui explique pourquoi monsieur le Comte l’a fermé à clé, répondit la blondinette, sachant que le propriétaire était veuf depuis des années.
- Mais ce n’est pas tout. Jetez un coup d’œil aux meubles.
Ororéa, qui se pencha sur une table en verre, dont les pattes étaient en bois finement sculpté, finit par dire :
- Il y a quelque chose d’étrange dans le choix des matériaux, mais c’est un travail de tout ce qu’il y a de plus esthétique.
- Exact, ajouta l’exploratrice. C’est de l’Art nouveau.
- Je ne savais pas que tu avais des connaissances en histoire de l’art, dit Seccotine, agréablement surprise.
- Oh, il le faut bien quand il s’agit de voler des ob-
Luna s’interrompit, visiblement embarrassée, et se reprit, souriant nerveusement.
- Mais ça, c’est du passé !
- Alors, mesdames, vous vous plaisez dans cette pièce.
Les femmes sursautèrent alors qu’entra le Comte, amusé.
- Désolé pour le peu d’entretien. Je n’ai guère le temps de me consacrer aux travaux ménagers.
- Vous auriez pu engager une femme de ménage, répliqua Luna.
- Je ne crois pas, rigola le sage homme. Elle aurait fini par se désespérer.
- Mais pourquoi vous ne nous avez pas parlé de ce boudoir ? interrogea Seccotine.
- Cela m’aurait surpris que ton époux s’y soit intéressé. Quant à Spirou, il préfère la nature plutôt qu’une pièce à l’abandon.
- Elle ne le sera pas si vous nous confiez la restauration, assura Ororéa. De plus, elle serait nettement plus agréable s’il y avait plus de présence féminine…
- En invitant les villageoises, par exemple ! ajouta Luna, enthousiaste.
Seccotine et le Comte soupirèrent en chœur.
- On pourrait partir un club de lecture. Non ! Un club de yoga ! Ça ferait plus fureur…
- Luna, n’as-tu pas compris ? s’exclama la blonde, exaspérée. Les villageoises ne viendront pas !
- Et pourquoi ?
- Parce que le Comte… Elle hésita, ne voulant pas blesser leur hôte, mais ce dernier sourit.
- Il est vrai que les villageois sont méfiants envers moi, mais peu importe. Un peu de dépoussiérage ne ferait pas de tort.
Avec un clin d’œil, il ajouta :
- C’est votre pièce, après tout. Je n’ai rien à dire là-dessus.
-xxx-
La transformation extrême du boudoir fut à un point si préoccupant que la surveillance des enfants fut confiée aux hommes. Surveillance qui s’étendit sur plus de trois jours, à en croire par l’état des ennemies de la crasse à la fin de la journée : sales et épuisées.
Le troisième jour, Zorglub, qui avait la charge de Manuarii, se permit de questionner le garçon alors que ce dernier scruta une lunette d’astronome.
- Dis-moi, Manu… Pourquoi ton père n’est-il pas venu avec toi et ta mère ?
L’enfant sourit. Il n’était jamais évident de reconnaître qui était son père. De son physique, il n’avait que ses yeux. Il se contenta de répondre, énigmatique :
- Mon père est ici.
Le savant fut saisi de surprise. S’il ne se trompait pas, cela voulait dire que son père ne pouvait être que… ?
- Serait-ce Fantasio ?
Manuarii hocha la tête. Zorglub avait vu juste. Ce n’était pas dans les principes de Spirou que de concevoir un enfant avec une seconde femme.
- Mais… n’est-il pas marié à Seccotine ?
- Si, il l’est. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’est pas mon père, tout en étant celui de Lily-Ann et de Célestia.
Pendant un instant, le scientifique admira la logique de ce garçon, tout en savourant la prochaine réponse à sa question.
- Ce qui veut dire que ta maman n’est pas… mariée ?
- Pourquoi me demandez-vous cela ? Voulez-vous l’épouser ?
Zorglub bafouilla, embarrassé.
- Quoi ? Non-non, je suis simplement… curieux.
Mais Manuarii n’était pas sot. Il garda son sourire amusé et insinua :
- Avouez qu’elle vous plaît, ma mère. Vous n’arrêtez pas de vouloir lui parler.
Cet enfant n’avait pas tort, s’avoua le savant. Depuis trois jours qu’il souhaitait mieux la connaître. Il y avait fort longtemps, il se méfiait de toute forme de canon physique, pouvant cacher la plus pure cruauté à la plus profonde débilité. Mais Ororéa se révéla digne d’être aimée, autant pour sa beauté que pour son intelligence. C’était elle, sa Vénus…
Le garçon rangea soigneusement l’outil dans son coffre, l’air sérieux.
- Si vous croyez être capable de la rendre heureuse, faites-le. Mais je vous avertis : si elle a de la peine, mon père n’hésitera pas à vous frapper.
Zorglub déglutit avec peine, se demandant s’il avait bien fait de se renseigner par le biais du fils de sa dulcinée. Car voilà qu’il était plus nerveux qu’auparavant…
- Alors, tout s’est bien passé ?
Il sursauta à la voix d’Ororéa, qui venait d’arriver, puis rougit soudainement. Il s’excusa alors qu’il prit les jambes à son cou.
- Que se passe-t-il ?
- Oh, rien, maman… Juste un nouvel admirateur…
La mère soupira. Comment était-il possible de parler au sexe opposé sans provoquer des réactions involontaires ? Dur dur, d’être une beauté…
-xxx-
Lorsque Zorglub se retrouva à nouveau dans son laboratoire, il trouva refuge en regardant sa Cassiopée se mêler avec les algues de l’aquarium. Cette créature était unique en son genre. La seule de son espèce. Celle qu’il avait créé afin de divertir le public des jardins japonais.
Mais il ne poursuivit plus ses recherches. Il ne voulait plus qu’elle serve de bête de foire. Elle est devenue une amie. La seule qui pouvait le comprendre vraiment.
- J’imagine que je ne suis pas fait pour l’amour, soupira le scientifique.
La créature le regarda, interrogative. Jamais il n’arriverait à croire que, malgré les nombreuses manipulations génétiques, il avait su préserver une part d’intelligence dans ses yeux. Elle est sa création, issue de son génie sans limites. Elle est la perfection.
Un éclair traversa l’esprit de Zorglub. S’il n’était pas fait pour l’amour, alors la science pourrait, une fois de plus, lui être utile…
-xxx-
L’heure du dîner arriva. Tous étaient à table… à l’exception de Zorglub, mais le Comte de Champignac ne s’en inquiéta pas : il comprit que son ami était à nouveau plongé dans une frénésie scientifique. Ce qui n’était pas le cas de Spirou.
- Ne serait-il pas sage d’aller le voir ? suggéra-t-il, préoccupé.
- À ta place, je n’irais pas, répondit Fantasio. Ne le dérangeons pas et il ne nous dérangera pas.
Cet avis donna pour résultat un regard noir de la part de Seccotine, à lequel son époux répliqua :
- Je t’en prie, ne recommence pas.
- Si j’ai bien compris, Zorglub est en train de nous préparer une surprise ? questionna Luna.
- Il y a de bonnes chances, oui, répondit le Comte.
Gaeth et Manuarii se regardèrent, excités par la nouvelle.
- Crois-tu qu’il va fabriquer une voiture ? demanda le petit rouquin.
- Ou un avion ?
- Ou un train ?
- Ou un robot ?
- Ou une soucoupe volante ?
- Vous êtes ridicules ! lança Lily-Ann. Les soucoupes volantes n’existent pas !
- Si, elles existent ! répliqua Gaeth, vexé.
- Ah oui ? Prouve-le moi, p’tit bébé !
Enragé, le garçon saisit l’assiette reposant sous une tasse de thé et la lança, comme un frisbee, dans la direction de la blondinette, qui, ne s’y attendant pas, le reçut violement sur le front.
Les réactions ne tardèrent pas à fuser. Tout d’abord, Fantasio se précipita sur sa fille, dont le visage en larmes se tordait de douleur. Seccotine, de son côté, se leva et courut vers la salle de bain, en quête d’une trousse de premiers soins. Célestia, qui rigolait du malheur de sa grande sœur, commença à trouver cela moins drôle lorsqu’elle vit Spirou se lever brusquement. Craintive, elle sentit la main de son grand demi-frère dans la sienne et se sentit entraînée vers le jardin, où ils purent se sentir en sécurité.
Quant à Gaeth, il ne savait s’il devait regretter son geste ou se révolter de la réaction de son père à son endroit, qui déclara d’une voix froide :
- Monte dans ta chambre.
- Elle m’a provoqué ! se défendit le fils.
- Je ne mets pas en colère, Gaeth. Monte dans ta chambre !
Le garçon avait les larmes aux yeux. Dieu qu’il détestait ces situations !
- Gaeth ! Est-ce bien clair ?
Le ton montait. Mieux valait de monter à sa chambre immédiatement. Ce qu’il fit à l’instant, sans s’empêcher de trouver cela injuste.
Par la suite, tout redevint silence. Mais un silence de malaise. Dans cette pièce, il ne restait que Spirou, Luna, Spip et le Comte, Fantasio et Seccotine ayant quitté la table pour pouvoir allonger leur fille dans sa chambre. Le journaliste reprit sa place, honteux.
- Je suis désolé…
- Tu n’as pas à être désolé, répondit Luna.
- Votre compagne a raison, Spirou. Vous avez fait ce que vous avez cru bon de faire. Cela n’existe pas, des manuels d’instruction élever des enfants. Et c’est tant mieux, car c’est en apprenant de nos erreurs qu’on devient de meilleurs parents.
Cela ne rassura cependant pas le rouquin, qui reçut des frottements de dos de la part de Luna.
- Ne t’angoisse pas avec cela. Je suis sûre qu’à son âge, tu devais faire des bêtises toi aussi. Et cela ne t’a pas empêché de devenir un homme d’exception.
Puis, elle ajouta, souriante :
- Et puis, avec un père comme le mien, cela ne m’a pas empêché de trouver une meilleure voie.
Elle arriva ainsi à rendre le sourire à son amant. Par contre, elle ne pouvait savoir ce que ressentait Spip à ce moment. Car il se disait que c’était de sa faute. S’il ne s’était pas séparé de Lily-Ann au moment où Gaeth et Célestia étaient nés, jamais cela n’aurait pu arriver…
- Spip ?
La voix timide de Célestia arrivait à ses oreilles. Elle avait enfin osé retourner sur les lieux d’un orage dissipé.
- Veux-tu jouer avec nous ?
L’écureuil regarda son maître, qui commençait à ramasser la vaissellerie sale et lui sourit.
- Oui, tu peux y aller.
Bientôt, il retrouva vite sa bonne humeur. Il n’y avait rien à dire : les enfants, tout comme les adultes, étaient capables du meilleur… et du pire.

Commentaires
1. Le samedi 9 juin 2007 à 02:57, par María
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