Le prix de l'enfance-Chapitre 1
Par Emyla, vendredi 24 août 2007 à 18:28 :: [Fanfictions] :: #309 :: rss
Voilà que je m'y met moi aussi!
Ma première fan-fic (que j'ai dans la tête depuis très longtemps!) a comme théâtre un milieu que je connais bien : les écoles primaires. C'est une histoire assez sombre qui tourne surtout autour de Seccotine et de sa relations avec Spirou et Fantasio. Bonne lecture et n'hésitez pas à faire des commentaires!
L’automne reprenait fermement ses droits en ce début de novembre. Le temps froid et pluvieux rendait les gens particulièrement grincheux ce matin-là. Mais il y avait un endroit où le moral était encore plus bas et novembre n’y avait rien à voir : une petite école de quartier. Pourtant, si on l’observait, rien ne laissait entrevoir un tel désespoir. En effet, les fenêtres étaient parsemées de dessins et de bricolages enfantins, les enfants jouaient gaiement dans la cour semblant ignorer le temps pluvieux. Cette dernière était aménagée avec un grand soin esthétique : les modules de jeu étaient colorés, d’élégants bancs de bois étaient placés contre les murs et la verdure occupait une grande place, même si ce jour-là, l’automne en avait terni un peu la couleur. Bref, rien dans cette école ne laissait entrevoir le drame qui s’y déroulait. Mais déplaçons-nous dans le bureau de la directrice de cette école où le désespoir et la tension étaient au maximum. La jeune femme blonde venue rencontrer Mme Odette Belhumeur le sentait bien. Elle voyait les rides timides de la femme de 52 ans qui semblaient s’approfondir à chaque mot qu’elle prononçait sur cette affaire. Elle paraissait fatiguée et surtout, tout à fait désemparée.
-Comprenez bien, Mlle Seccotine! Ces disparitions d’enfants sont la chose la plus dramatique qui soit arrivée à notre école… à notre métier, dit-elle après un long soupir.
-Je comprends, répondit la jeune femme. Et c’est bien pour ça que je suis ici : pour vous aider. Si vous êtes d’accord, bien entendu.
-Bien sûr! Tout ceci est un peu contraire aux règles, mais peu importe. Au point ou nous en sommes, ça ne peut que nous aider, n’est-ce pas?
-Je suis certaine de découvrir quelque chose rapidement. En tout cas, je vous promets de faire des efforts en ce sens. Pour les besoins de mon reportage, j’aimerais que vous me résumiez un peu les faits, dit Seccotine qui restait toujours pragmatique. Odette pris une grande inspiration avant de parler, puis commença d’une voix plus forte :
-D’accord. Tout commença hier. Un garçon de 9 ans qui vient ici a disparu sur le chemin de l'école. Il était parti de chez lui le matin et n'était pas arrivé à destination. Vous devez vous souvenir que cet événement avait créé tout un tollé : tous les journaux télévisés de ce soir-là en parlaient. La police commença alors une enquête mais, le lendemain, donc ce matin, ça s’est encore produit. La même chose exactement. Alors là, l’école fut envahie de journalistes, on n’a jamais vu ça! À la fin de son exposé, la directrice poussa un autre soupir à fendre l’âme.
-Inutile de vous dire, Mlle Seccotine, poursuivit-elle en parlant plus bas, que tout le monde est très inquiet ici. Les enseignants ont de la peine à donner leur cours, tout le personnel est d’une nervosité… sans compter les parents dont certains ne veulent plus envoyer leurs enfants à l’école et qui veulent qu’on ferme en attendant la fin de l’enquête. Moi, en tant que directrice, je ne sais plus où donner de la tête! Il n’y a que les enfants eux-mêmes qui ne semblent pas être touchés par tout ça. Ils ont une capacité de résilience incroyable, vous savez!
-Je n’en doute pas! Approuva la blondinette.
-Alors, continua la directrice, comme je ne peux pas fermer l’école comme ça mais que je ne veux pas rester là, sans rien faire, je suis prête à vous avoir à mes côtés. Vous avez l’air d’avoir assez d’expérience et d’être prête à tout.
Seccotine sourit malgré elle. -Et bien, disons que j’en ai vu de toutes les couleurs par le passé, c’est vrai! Mais, revenons à nos moutons… Vous avez bien compris en quoi concerne mon plan?
-Oui, tout à fait. Vous avez mon feu vert, je vous le répète. Je ne veux pas qu’un autre drame arrive dans notre école.
-C’est bien Marie Zimmer, l’enseignante en question?
-Oui et elle est d’accord aussi. Les deux enfants proviennent de sa classe et elle a de la difficulté à … gérer tout ça. Mais vous-même, mademoiselle, serez-vous capable de…
-Ne vous inquiétez pas, Mme Belhumeur, l'interrompit Seccotine. Je suis très débrouillarde et j’ai plus d’un tour dans mon sac!
-Eh bien, soit! Il ne reste qu’à vous souhaiter bonne chance. Pauvres enfants! Pauvres parents! Pourvu qu’il ne leur soit rien arrivé de grave! Il y a tellement de gens désaxés qui… Oh! J’aime mieux ne pas y penser! Et tout ceci qui ce passe dans mon école… je ne sais plus quoi dire aux inspecteurs. Mais bon! Il faut garder son sang-froid, n’est-ce pas?
Elle se leva et sa jeune interlocutrice l’imita pour lui serrer la main.
-Bonne chance, répéta la directrice. Et merci pour votre aide.
-Merci, madame et de rien. C’est mon métier! Je serai ici demain matin, comme promis. Désolée de ne pas pouvoir faire plus vite : on ne m’a averti que ce midi, je n’étais pas au pays les jours précédents. Mais sachez que je commence à enquêter dès ce soir.
-C’est bien. À demain alors. Je vous attendrai
Seccotine donna un sourire réconfortant à Odette, puis la laissa seule dans son grand bureau. L’école était à présent silencieuse; la journée était terminée pour les jeunes élèves. La jeune femme se dirigea rapidement vers son scooter qui l’attendait près de la porte d’entrée en réfléchissant à toute cette histoire. Elle avait souvent travaillé sur des affaires sordides et d’une grande immoralité. Mais cette histoire de gamins enlevés la touchait plus qu’elle ne l’aurait cru. Elle avait su démontrer un grand calme devant la directrice, mais, intérieurement, elle bouillonnait de rage à l’idée qu’un homme (ou une femme) aie pu s’en prendre à des enfants avec autant de lâcheté. Essayant de chasser ces idées, elle enfourcha son scooter et parti à toute vitesse se préparer pour le lendemain.
***
-Quelle histoire horrible! S'exclama Fantasio avec colère en sortant du bureau du rédacteur en chef du journal.
-Tu as bien raison, approuva son ami Spirou. S'en prendre à des enfants, c'est d'une lâcheté!
-C'est dégueulasse, oui! Diable! Dans quel monde vivons-nous? Marmonna le blond.
Ils restèrent silencieux tous les deux pendant quelques minutes. Comme beaucoup de journalistes, dont une certaine collègue blondinette, on leur avait demandé de faire un reportage sur cette sombre affaire d’enfants enlevés. Comme plusieurs ils s’intéressaient eux aussi au sort de cette charmante petite école de quartier. Mais pour l’instant, ils réfléchissaient à la manière avec laquelle ils allaient aborder le reportage. Un tel sujet demandait un certain tact. Spirou décida que le plus intéressant était d’aller vers ce qui clochait dans ces enlèvements, vers la source du problème.
-Le tout est de savoir pourquoi les deux enfants enlevés proviennent de la même école, de la même classe et sont disparus dans les mêmes circonstances.
-Et ce sont tous les deux des garçons, ajouta Fantasio.
-C’est vrai, mais j’espère que ce n’est qu’un hasard, sinon, nous pouvons imaginer le pire… soupira le rouquin.
-En tout cas, ce n’est pas simple! Quel est le nom de l'école, déjà?
Spirou sorti de sa poche un papier où étaient indiquées toutes les informations nécessaires pour leur reportage qu’on lui avait donné. Il le parcoura des yeux avant de répondre.
-École «Regnier». La directrice se nomme Odette Belhumeur, elle est là depuis 3 ans et l'enseignante de la classe des disparus, si j'ose dire, est Marie Zimmer, 38 ans. Elle travaille à cette école depuis 5 ans.
-Que dis-tu d'aller rencontrer tout ce beau monde pour commencer?
-J'allais te le proposer, mon vieux! Il faut juste convaincre Spip… L'automne le rend léthargique, j'ai l'impression!
Le rongeur qui n'écoutait la conversation que d'une oreille distraite grimpa sur les épaules du rouquin en ronchonnant.
- École « Regnier »... murmura Fantasio comme pour lui-même, ce n'est pas très loin d'ici, il me semble. Nous y serons dans peu de temps.
- Alors, Allons-y!
Les deux journalistes (et un écureuil endormi) sortirent des bureaux juste au moment où une pluie pesante commençait à tomber.
-Ce n'est pas vrai! Ça fait trois jours qu'il pleut, je ne le crois pas!
-Oui, c'est un vrai temps de chien... dépêchons-nous d'arriver à la voiture.
Ils accélérèrent le pas et lorsqu'ils entrèrent dans la voiture garée un peu plus loin sur la rue, ils étaient déjà trempés. Fantasio maugréait.
-Qu'est-ce que je donnerais pour un week-end dans le sud...
-Arrêtez de vous plaindre! Vous n'avez pas une éponge en guise de fourrure, vous! Dit Spip pour lui-même en essorant sa queue près des pieds de Spirou qui le réprimanda.
-Eh! Spip! Fait attention, voyons! Bon allez! Démarre Fantasio, on a assez perdu de temps.
Le blond s'exécuta et la petite voiture s'élança à travers le mur de pluie. Comme Fantasio l'avait prévu, ils arrivèrent à la petite école après quelques minutes seulement. Il gara la voiture près de l'entrée et ils observèrent un peu le bâtiment.
-On dirait que c'est désert, non? nota Fantasio.
-À l'heure qu'il est, les enfants ont sûrement terminé leur journée. Les policiers aussi d'ailleurs.
-Tiens, c'est vrai! On nous a dit qu'ils inspectaient de fond en comble le secteur et il n'y a personne.
-C'est peut-être la pluie qui nuit aux recherches; ça m’étonnerait qu’ils aient laissé tombé. Assez posé de questions: entrons!
-Oui! Heu! J’ai l’impression que Spip que nous suivra pas.
En effet, le rongeur semblait dormir profondément sur la baquette arrière et paraissait ne pas avoir l'intention d'interrompre sa sieste.
-Tant pis! Dit Spirou. On ne sera pas longs de toute façon.
Ils se dépêchèrent d'entrer et ils n'avaient pas fait un pas que la secrétaire, une femme d'un âge indéfinissable et au visage sévère sorti de son bureau pour les interpeller.
-Hé vous! Qui êtes-vous messieurs?
-Heu... Bonjour Madame! Commença Spirou. Nous sommes des journalistes qui enquêtent sur les disparitions et nous voudrions rencontrer Mlle Zimmer.
-Pff. Encore des journalistes... ronchonna la secrétaire. Eh bien, désolée mais Marie est partie chez elle à l'heure qu'il est et vous comprendrez qu'elle ne veut pas être dérangée, alors vous la rencontrerez demain, si elle est d'accord.
-Ah bon, fit Fantasio, un peu déçu. Pourrions-nous rencontrer Mme Belhumeur, alors?
-Décidément, vous insistez! Répondit la secrétaire en montant le volume. Eh non! Mme la directrice ne veut rencontrer personne, elle a été très claire là-dessus. Elle vient tout juste de terminer un entretient avec une autre journaliste et elle est maintenant très occupée. Vous reviendrez demain, pour elle aussi. Vos noms je vous prie pour que je puisse vous annoncer.
-Bien sûr, répondit le blond. Nous sommes Spirou et Fantasio. Voici notre carte.
-Bon, dit-elle en prenant la carte que Fantasio lui tendait. Je ne vous promet rien: Mme la directrice rencontre énormément de gens, et surtout beaucoup de journalistes, à cause de cette affaire, alors...
-C'est bien, merci quand même madame, répondit Spirou. Mais dites-moi, vous qui connaissez tous le monde ici, sans aucun doute, vous pourriez peut-être nous parler un peu de cette Marie Zimmer.
-« Cette » Marie comme vous dites Monsieur est une des meilleures enseignantes que nous ayons, répondit la secrétaire d'un ton sec. Elle adore les enfants et ils l'aiment tout autant. Croyez-moi c'est une victime dans toute cette histoire; elle vit tout ça très mal. Maintenant, je vous demanderais de vous en aller, j'ai des choses à faire.
-Alors, on s'en va. Au revoir, Madame, dit le rouquin en se forçant à être poli.
-Au revoir! Nous reviendrons demain sans faute! Ajouta Fantasio avec un sourire malicieux.
Dès qu'ils furent à l'extérieur, ils poussèrent tout les deux un grand soupir.
-Eh bien nous voici bien avancés! Lança Spirou. Au moins nous savons que Mlle Zimmer a une bonne réputation. Mais nous ne serons fixés que si nous la rencontrons.
-Nous reviendrons! Affirma son ami avec assurance. Ce cerbère ne connaît pas notre obstination!
-Oui et bien en attendant, nous pourrions aller voir les inspecteurs chargés de l'affaire. Je doute qu'ils nous en disent beaucoup, mais ça ne coûte rien d'essayer.
-Eh bien, en route.
Les deux journalistes s'engouffrèrent rapidement dans l'auto ce qui réveilla l'écureuil en sursaut. Il se rendormit sans dire un mot en laissant les deux amis dans leurs réflexions.
-Ça me fait mal de devoir attendre jusqu'à demain, dit Fantasio en démarrant la voiture. Qui sait si un autre gamin ne disparaîtra pas demain matin…
-Oui, c'est enrageant! Approuva son ami. Essayons alors de ne pas perdre notre temps et de commencer avec ce que l'on sait.
-Ouais! Et pour commencer, en route vers le poste de police!
Il pleuvait encore à boire debout ce qui n'aidait pas à améliorer l'humeur des deux reporters. Ils étaient par contre bien décidés à mettre un terme d'une manière ou d'une autre à ces mystérieuses disparitions et ils étaient impatients de rencontrer les personnes concernées. Mais, ce qu'ils ignoraient, c'est que jamais ils n’allaient rencontrer cette fameuse Marie Zimmer.

Commentaires
1. Le vendredi 24 août 2007 à 23:46, par Kristaline
2. Le samedi 25 août 2007 à 22:20, par Amber
3. Le samedi 25 août 2007 à 23:29, par Emyla
4. Le dimanche 16 septembre 2007 à 14:13, par Marie Zim
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