[Fic] Femme de choc - Chapitre 7
Par Kristaline, lundi 27 août 2007 à 02:40 :: [Fanfictions] :: #311 :: rss
Titre: Femme de choc – Chapitre 7 : Pris au piège
Auteur: kristaline
Rating: R
Disclaimer: Éditions Dupuis
Notes: Oui, je sais, ça fait terriblement longtemps que je n’ai pas mis un nouveau chapitre. Voyez-vous… j’avais une idée, mais je ne savais pas comment l’appliquer. Mais tout a fini par être écrit
Et, si vous croyez voir du sexisme dans mes lignes, je m'en excuse à l'avance '^^
Il ne fallait pas se fier aux apparences, pensa-t-il. Sous le plus insignifiant des bâtiments pouvait se trouver un laboratoire à la fine pointe de la technologie. Ce fait, il l’avait appris à ses dépends, lorsqu’il apprit où il se trouva actuellement.
- Là où personne ne pourra vous trouver… puisque cet endroit est abandonné.
Et ce venant des plus jolies lèvres qu’il avait conçues dans sa carrière scientifique. Il s’offusqua devant sa propre création, disant qu’il avait des amis, qu’ils allaient le retrouver… Mais les heures s’écoulèrent et son cœur se serra de douleur en pensant qu’il n’allait être jamais libéré. Au moins, se disait-il, il avait de la besogne pour occuper son esprit…
C’est alors que l’impensable se produisit…
Son ravisseur revint, emportant avec lui trois visages connus, qu’elle emprisonna devant ses yeux. Par la suite, elle se tourna vers lui, avec un sourire à vous faire glacer le sang.
- Qu’avez-vous, Zorglub ? Vous connaissez ces charmantes femmes ?
On aurait cru qu’elle pouvait lire dans ses pensées, mais il n’en était rien. Elle avait simplement les connaissances de son créateur inscrites dans sa mémoire.
Elle conservait cette froideur que le savant n’avait pas voulu au départ. Sans le savoir, il avait reproduit la même erreur que Caténaire : on ne pouvait s’attendre à de l’amour de la part d’une androïde, surtout lorsque celle-ci se nommait… Cyanure.
Maintenant sous une apparence pouvant s’y méprendre à celle d’Ororéa, elle scruta ses captives, calculatrice.
- Elles seront de parfaites candidates pour votre prochaine expérience…
Il comprit ce qu’elle voulait faire d’elles. Encore une fois, il éprouva de la peur, particulièrement envers la femme de ses rêves. Sa Vénus était en péril…
Cette crainte était suffisante pour trouver le courage qu’il lui manquait afin de s’opposer à la machine. Il croisa les bras, le regard fier, mais ne pouvait faire taire cet imperceptible tremblement dans ses jambes.
- Vous me voyez désolé, Cyanure, mais je refuse que ces femmes soient les cobayes de mon expérience.
L’expression de la femme bionique ne flancha pas.
- Vous refusez ? Pourtant, vous aviez dit que vous accepteriez de prendre le moindre curieux qui oserait mettre le pied dans mon repère.
- C’est faux ! Je n’ai jamais proféré de tels mensonges !
Entre temps, le disque dur de Cyanure se mit au travail et fit entendre une bande-sonore prouvant le contraire, mettant en vedette un Zorglub terrifié.
- Je… je… j’accepte de prendre… le prochain intrus entrant dans votre humble laboratoire…
À la fois embarrassé de son bluff manqué et honteux de son acte de bassesse, le scientifique ne put que partir d’un rire jaune.
- Je dois avoir la mémoire courte. Ça vient avec l’âge, vous savez.
- Ne jouez pas les malins avec moi, professeur Zorglub. Après tout, c’est vous qui m’avez dotée d’une grande intelligence.
Déglutissant, le créateur finit par se plier à la demande de son œuvre d’art. Lui tournant le dos afin d’aller chercher ses instruments, les larmes lui vinrent aux yeux en saisissant son scalpel.
- Pourvu qu’elles puissent me pardonner, pensa-t-il… si elles s’en sortent vivantes.
-xxx-
Cela coûta l’écoute des humeurs de la mairesse, dérangée dans son paisible sommeil. Mais cela aura valu la peine, puisque, en plein milieu de la nuit, Spirou et Fantasio retrouvèrent la fourgonnette grise en se stationnant devant l’auberge abandonnée.
- Il n’y a pas de doutes, elle doit être ici, déduit le blond.
Sur ces mots, il sortit du véhicule, ouvrit la portière du conducteur de la fourgonnette et plaça sa main sur le siège. L’absence de chaleur lui fit craindre le pire. Combien de temps pouvaient-elles être ici ? Était-il déjà trop tard ?
Le journaliste voulut se précipiter, mais son ami rouquin l’arrêta en saisissant son bras.
- Attends ! Avant d’entrer, débarrasse-toi de tout tes gadgets.
- Quoi ? Tu es sérieux ? Et si elles étaient en sang, comment allons-nous appeler du secours ?
- Il y a une cabine téléphonique près d’ici. Mais crois-moi, on n’est pas au bout de nos surprises si on garde tous ces objets sur nous.
Ne voulant pas revivre l’attaque en forêt, Fantasio céda à sa demande, abandonnant sa montre, son portable, son lecteur MP3, son GPS, son agenda électronique et son Game Boy DS.
- Tu as amené ton DS ?
- Bah oui, ça m’arrive de m’emmerder en voiture.
Spirou évita tout commentaire et l’entraîna à l’intérieur de l’auberge. Le vide et le silence de la pièce où ils furent entrés incita le rouquin à s’arrêter afin d’étirer ses membres.
- Mais qu’est-ce que tu fais ? s’exclama Fantasio.
- Je réchauffe mes muscles. Tu devrais en faire autant.
- Quoi ? Je te rappelle que trois femmes manquent à l’appel !
- Je sais, mais je n’ai pas envie de me déchirer un ligament si quelqu’un tombait sur nous.
- On parle de moi ?
Le duo sursauta à cette voix féminine, dont sa propriétaire sortit de l’ombre pour mieux se révéler.
- Ororéa ?!
Cette dernière, habillée de ses sous-vêtements, avait de quoi provoquer la moindre réaction reproductive, mais Spirou sut garder son sang-froid et lui demanda :
- J’ignore si tu es la vraie Ororéa, mais dis-nous où sont nos amies.
La Polynésienne lui sourit froidement, ce qui ne rassura guère nos deux héros. Voulant reprendre courage, Fantasio opta pour la colère, aussi glaciale que ce sourire.
- Alors tu es de retour… Cyanure…
La fausse Ororéa n’éclata pas de rire, ne gardant aucune émotion dans ses yeux.
- Je te croyais éliminée ! explosa le blond.
Elle ne fut pas surprise de sa réaction, mais puisqu’elle le sentait en quête d’explications, elle se permit de lui parler.
- Misérable humain… je ne peux être éliminée. Voyez-vous, je suis comme un virus : invisible et difficile à tuer. Et, quoi de mieux pour un virus comme moi que de parcourir une toile s’étirant à l’infini ?
Fantasio comprit qu’elle faisait allusion à l’Internet. En effet, il était fort possible qu’elle ait pu vivre des années sous la forme d’un virus informatique… avant de se retrouver dans la mémoire vive du robot de Zorglub, qui aurait été en train de télécharger des dizaines de giga-octets de connaissance grâce à ce réseau.
Cependant, un léger détail vint le distraire…
- Peu importe d’où tu reviens, Cyanure ! s’exclama Spirou en brisant le silence. Nous sommes ici pour nous débarrasser de toi !
- Pas si je me défends avant !
Alors qu’elle courut dans leur direction, un déclic se fit dans la tête de Fantasio, qui se jeta sur son meilleur ami avant que le clone d’Ororéa puisse les atteindre.
- Qu’est-ce qui te prends, bon sang ? s’irrita le rouquin.
- Ne la touche pas ! s’enflamma son collègue.
- Ne me dis pas que tu es avec elle !
- Mais bien sûr que─
- Attention !
Sur ces mots, Spirou, à moitié relevé, emporta le blond dans sa roulade, évitant la nouvelle attaque de Cyanure.
- Tu vois bien que je ne suis pas avec elle ? se vexa Fantasio.
- D’accord, d’accord… Mais écoute, on n’a pas beaucoup de─ Il s’esquiva au coup de pied de l’androïde, puis continua─ de temps. Alors dis-moi pourquoi je ne peux─
Au même moment, Cyanure se jeta sur le journaliste, mettant fin à la discussion. Mais le blond comprit où son ami voulait en venir. Il devait à tout prix avorter ce combat avant qu’il ne puisse dégénérer.
Soudain, comme dans les vues, il vit, à travers sa nouvelle chevelure d’ébène, son point faible. Fouillant frénétiquement dans ses poches, il sortit son seul et unique objet de technologie non-électronique : son canif de poche, sur lequel il sortit la plus longue des lames.
- Spirou ! Quoiqu’il arrive, retient-la !
- Qu’est-ce que… tu crois que je fais ? articula difficilement le concerné.
Priant intérieurement afin de ne pas rater son coup, Fantasio s’élança sur l’ennemie et lui asséna l’attaque fatale. S’en suivit une électrocution qui le fit lâcher prise, tout en lui faisant cracher un juron. Fort heureusement, privée de ses circuits, l’assaillante s’effondra sur le rouquin, inanimée.
Celui-ci, craignant de s’étouffer avec ce poids, plus celui de son meilleur ami, eut assez de force pour faire bousculer tous les deux. Enfin, reprenant toujours son souffle, il put demander :
- Je ne croyais pas… que ce serait aussi… facile…
- Ce n’est pas Cyanure, répondit le blond, désolé. Et voici la preuve que tu me demandais…
Ce dernier, retirant son canif, fit rouler l’humanoïde sur le dos et pointa son soutien-gorge.
- Ce n’est pas Cyanure, puisque ses seins sont vrais.
- Alors il s’agit…
Spirou blêmit, réalisant qu’Ororéa aurait pu être victime malgré elle. Cependant, il avait un peu honte du chemin que son collègue avait pris pour se fixer un jugement, aussi raisonné soit-il.
- Si vous voulez retrouver la vraie Cyanure…
- … vous devrez d’abord passer sur nos corps.
Face à ces nouveaux intrus, les reporters se relevèrent rapidement. Ils reconnurent rapidement Seccotine et Luna, en position de combat, une lueur froide dans leurs yeux et n'ayant sur elles que le même accoutrement d'Ororéa.
- Ah, mais c’est pas vrai ! se fâcha Fantasio. On ne pourrait pas avoir une pause, pour une fois ?

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