Le prix de l'enfance-Chapitre 6
Par Emyla, mercredi 9 avril 2008 à 02:31 :: [Fanfictions] :: #323 :: rss
C'est assez tranquille sur le fandom ce temps-ci! Bon, je m'excuse pour vous avoir fait attendre comme ça pour la suite. Mon stage me prenait presque 100% de mon temps. Mais c'est mieux tard que jamais!
Et le prochain arrivera plus rapidement!:)
Le lendemain commença sensiblement comme la journée précédente. Seccotine retournait à son univers scolaire tandis que Spirou et Fantasio décidèrent d’aller chez la petite Julie afin de découvrir quelque chose de plus. Mais la famille de la fillette refusait de parler aux journalistes avant que la police n’ait trouvé quoi que ce soit pour aider les recherches. Cette dernière, de son côté, cherchait toujours du côté du petit bois. Seulement, cette journée-là, quelques citoyens à l’âme charitable décidèrent de les aider dans leurs recherches. Tous les yeux étaient tournés dans cette direction, mais les trois journalistes continuaient à croire que la solution de l’énigme était ailleurs. Au cours de la journée, Spirou et Fantasio allèrent néanmoins se mêler aux autres citoyens au bois pour quelques heures, espérant tout de même trouver un indice. Mais comme les autres, ils revinrent bredouilles. Le découragement commençait de nouveau à se faire sentir.
-J’ai l’impression qu’on n’avance pas! Dit Spirou alors qu’ils revenaient du lieu de recherche. On dirait qu’on est au même point qu’hier et qu’avant-hier! C’est insupportable!
-Je suis bien d’accord, approuva le blond. Cette histoire commence à me courir sur le haricot…
-Oui, j’avais remarqué… fit Spirou pour taquiner son ami.
-Et tu as remarqué aussi comme elle a l’air triste… continua le blond en ignorant la moquerie.
-Qui ça? Seccotine?
-Ben oui… tu n’a pas vu hier soir comme elle semblait déprimée?
-Oui, admit Spirou. Mais si j’étais toi, j’arrêterais de m’inquiéter pour elle. Si elle ne veut pas qu’on s’occupe de ses affaires, c’est bien son droit! Ça m'inquiète un peu aussi, mais tu la connais: seulement elle peut savoir ce qui se passe dans sa vie et dans sa tête...
Ils restèrent silencieux un bon moment, chacun dans leurs pensées.
***
La journée de Seccotine, quant à elle, commença fort et elle s’annonça plus lumineuse que celle de ses amis. Elle arriva tôt à l’école et une pile impressionnante de papier l’attendait sur son bureau. Sur le dessus, elle trouva une note :
''Voici les documents que vous m’avez demandés. L'espère que cela vous aidera. J’irai vous voir plus tard dans la journée. O. Belhumeur.''
Elle feuilleta rapidement les pages et sourit de satisfaction. Elle avait devant elle toutes les informations sur tous les élèves de sa classe, puisque ce n’était que ceux-ci qui disparaissaient. Elle avait tout : l’histoire de l’élève, le travail des parents avec leur revenu, les écoles fréquentées auparavant, leur dossier scolaire et plus encore. Elle se dit qu’il était mieux de commencer à éplucher cette paperasse le plus vite possible. Mais avant tout, elle vérifia quelque chose qu’elle avait oublié de faire la veille : vérifier si aucun élève ne demeurait sur la rue de l’Église, rue qui était devenue suspecte. Elle ne chercha pas longtemps, ce qu’elle cherchait était au début de la liste alphabétique: Becker, Nicolas : 46 rue de l’Église. C’était le seul à habiter sur cette rue et elle reconnu tout de suite le nom du fils de sa nouvelle amie.
« Ça alors! Se dit-elle. Stéphanie habite donc là! Mais alors, ça se pourrait qu’elle aie vu quelque chose! Pourquoi ne m’a-t-elle rien dit? Je devrai lui en parler… »
Elle oublia cette idée pour l’instant pour se concentrer sur les dossiers qu’elle avait devant elle. Elle alla donc regarder les informations de Michaël, Cédric et Julie. Elle fut obligée d'interrompre ses recherches après le dossier de Michaël, car il était l'heure de sortir pour aller chercher les élèves. Durant toute la journée, chaque petite minute qu'elle avait de libre servit à éplucher cette paperasse et elle avait organisé la journée pour qu'elle ait le plus de temps possible. Mais ce qu’avait dit Stéphanie la veille était juste : ces élèves étaient tout ce qui avait de plus ordinaires. Ils ne venaient pas de familles riches ou influentes, ils n'avaient pas d'histoire particulière, rien du tout. Elle tenta de trouver un fil conducteur entre ces trois enfants, mais en vain. Il y avait seulement qu'ils faisaient tous partie de la même classe et qu’ils habitaient le quartier.
Elle était en train d’étudier le dossier de Julie pour la troisième fois pendant que ses élèves étaient en travail d’histoire lorsqu'on frappa à la porte. Elle alla ouvrir et fut heureuse de reconnaître la directrice de l'école.
-Mme Belhumeur! Quelle surprise! S’exclama-t-elle en refermant la porte derrière elle. Merci pour les documents : ça m’est très utile!
-De rien, de rien. Répondit la femme nerveusement. Comment avance votre enquête?
-Assez doucement, je le crains… J'ai quelques indices, mais rien de très sérieux jusqu'à maintenant.
-Écoutez, je vais être obligée de vous demander de faire plutôt vite. Je ne pourrai pas cacher votre présence indéfiniment à mes supérieurs…
-Eh bien, je fais de mon mieux, vous savez! Dit Seccotine un peu surprise de la réaction de la directrice. Vous me donnez combien de temps encore?
-En fait, je vous donne jusqu’à la fin de la semaine. À partir de lundi prochain, Marie devra reprendre sa place et vous, vous devrez vous trouver un autre moyen d’enquête, si vous n’avancez pas plus…
-Bien…accepta la jeune femme à contrecœur.
La directrice allait tourner les talons pour repartir à ses occupations, mais elle se ravisa au dernier moment.
-Ah! J’oubliais une dernière chose! J’ai demandé aux autres enseignants de ne pas parler des enlèvements avec leurs élèves. J’aimerais que vous respectiez cette consigne vous aussi...
-Heu… Ça va de soi, bien entendu!
-C’est toujours ce soir que vous rencontrez les parents?
-Oui. Les trois quarts ont acceptés de venir. Ne craignez rien, je serai discrète…
-J'y compte bien. Bonne chance alors!
Seccotine retourna à son bureau après avoir fermé la porte. Elle réfléchi à sa situation.
« Nous sommes jeudi, pensa-t-elle, il me reste donc deux jours pour trouver un indice pertinent. C'est peu, mais suffisant.» Elle pensa alors au comportement étrange de la directrice. Elle ne comprenait pas cet étrange revirement. Que c’était-il donc passé pendant cette réunion la veille pour qu’Odette, si coopérative il y a deux jours, vienne lui mettre presque des bâtons dans les roues? Un autre mystère à résoudre…
Encore cette fois-ci, la journée n'apporta pas grand chose de plus et elle se déroula doucement malgré son départ encourageant. La disparition de Julie fit beaucoup de remous dans la classe; un grand nombre d'enfants manquaient à l'appel, leurs parents les gardant à la maison. Le moral des enseignants était encore plus à plat et, pour une fois, ils commençaient à témoigner de la sympathie envers la suppléante qui devait gérer cette classe un peu déstabilisée. Une classe dont les élèves devenaient de plus en plus agités d’ailleurs. Seccotine dû souvent mettre à l’épreuve ses pauvres connaissances en gestion de classe. Elle ne vit pas Stéphanie de la journée, ce qui l'attrista un peu. Elle mourrait d’envie de lui demander si elle avait vu quelque chose et, aussi, sa présence avait quelque chose de rassurant. Mais elle fini par se dire qu’après tout, elle allait la voir le soir même à la rencontre de parents. Vers la fin de la journée, elle profita d’une période libre à la fin de la journée pour aller subtiliser à Josette, par une ruse comme seule elle sait le faire, des informations sur le personnel de l’école. « Je n’aurai pas le temps de regarder ça aujourd’hui, mais ça sera pratique pour plus tard! » se dit-elle en photocopiant le document le plus discrètement possible.
***
Le soir arriva enfin. Les trois journalistes se rencontrèrent chez Seccotine où ils se dirent tout ce qu’ils avaient appris durant la journée, pour ensuite faire les derniers préparatifs. Pendant que la blondinette et Spirou seraient à l'école, Fantasio allait continuer les petites enquêtes. Il n'y avait pas de nouveaux suspects, Seccotine n’ayant rien trouvé de concluant dans les dossiers. Elle lui donna tout de même les adresses des parents qui ne venaient pas à la rencontre du soir même et des membres du personnel qui habitaient le quartier.
-Ça pourra t’être utile…lui dit-elle en lui donnant la feuille où elle avait tout écrit. Et si tu veux, j’ai aussi toute la paperasse que la directrice m’a donnée; si tu veux l’éplucher toi-même.
-Ouais, on verra, merci. Je compte bien aussi retourner au petit bois. Le soir, il se passe toujours des choses qu’on ne voit pas le jour!
-C’est une idée, si tu penses que ça peut apporter quelque chose… On y va?
Ils partirent ensemble avec la voiture des deux jeunes hommes. Seccotine et Spirou descendirent un coin de rue avant l’école et Fantasio reparti avec Spip pendant que les deux autres faisaient les derniers mètres à pied. Spirou remarqua que son amie marchait la tête baissée et d'un pas un peu plus lent qu'à l'habitude.
-Tu as l'air épuisée... dit-il doucement.
-Oui, les journées avec des enfants, c’est presque aussi fatiguant que de poursuivre des dictateurs, répondit-elle et ce n’était qu’un demi-mensonge.
Spirou sourit en se rappelant de vieux souvenirs. Mais il revint vite à la réalité lorsqu’ils arrivèrent devant l’école.
-Tu es prête? Demanda-t-il.
-Oui. Ça va être du gâteau! Je commence à être très douée dans le rôle d'enseignante sérieuse et compatissante! Hi! hi!
-Allons-y alors!
Spirou allait entrer dans l'école, mais il senti la main de son amie prendre la sienne pour le retenir.
-Il y a quelque chose, Secco? Demanda-t-il un peu surpris.
-Non! Ce n'est rien. Désolée, répondit-elle en retirant sa main brusquement. Allons-y.
-Tu es sûre que tu vas bien? Osa-t-il.
-Mais oui! Quelle question! Allez viens, je suis sûre que les premiers parents sont déjà arrivés.
Spirou haussa les épaules et passa devant son amie pour lui tenir la porte. Contrairement à ce que la jeune femme pensait, il n'y avait personne encore devant sa classe. Mais les premiers parents arrivèrent à peine une minute plus tard. Les rencontres se déroulaient à peu près ainsi: « Martine » parlait de ce qu'elle comptait faire pour gérer la situation, puis de comment sa classe réagissait et elle rassurait les parents au sujet de Mlle Marie. Elle demandait ensuite à ses derniers de lui parler de ce qu'ils pensaient de la situation. Sans vraiment le paraître, la fausse enseignante les amenait à laisser aller leurs hypothèses. Ces rencontres se déroulèrent parfaitement. Aucun des parents présents n'hésita à parler ouvertement de ce qu'ils pensaient de ce qui se passait dans la classe de leur enfant. Après une trentaine de minutes, ce fut au tour de Stéphanie et elle entra énergiquement tout en souriant dans la classe de sa nouvelle amie.
-Martine! Qu’est-ce que je suis contente de te voir! C’était difficile de te trouver aujourd’hui!
Elles s’échangèrent quelques paroles amicales, puis la journaliste entra dans le vif du sujet en lui parlant de la rue. Elle le fit par contre discrètement en disant qu'elle avait entendu dans un bulletin de nouvelles que les enlèvements avaient sûrement eu lieu sur la rue de l'Église. Elle a dit avoir vu, par hasard, qu'elle habitait sur cette rue. Elle lui demanda alors si elle n'avait pas vu quelque chose. Stéphanie paru surprise de sa question et elle hésita longtemps avant de répondre.
-Je n'ai jamais remarqué quoi que ce soit... Es-tu certaine? Je ne me souviens pas d’avoir entendu ça, pourtant, on suit pas mal ça chez nous, comme tu le sais!
-Hé bien... Il me semble que oui. Je suis juste curieuse, après tout. Excuse-moi, je n'aurais pas dû te demander ça.
-Il n'y a pas de quoi! Je te comprends d'être curieuse, on se pose tous des questions...
-Si tu avais vu quelque chose, tu me l’aurais dit, de toute façon.
-Absolument! Je ne t’aurais pas caché ça!
Voyant qu’elle ne pourrait pas en tirer plus, Seccotine s'empressa de changer de sujet en lui demanda pourquoi le père de Nicolas n’avait pas pu venir.
-Raisons professionnelles! Daniel n'est pas libre ce soir. Mais je ne suis pas trop au courant.
-Pas de problème, je comprends.
-À propos, j’ai entendu dire que Mme Belhumeur est venue te parler ce matin. Rien de grave j’espère?
-Non, non. Elle est venue me dire que je serai ici pour le reste de la semaine. Marie revient lundi.
-Hé bien, c’est une bonne nouvelle qu’elle aille mieux! C'est dommage qu'on ne te revoie plus par contre. J'espère que tu feras d'autres remplacements ici!
-Peut-être, qui sait? dit Seccotine en pensant qu’après cette enquête, elle ne voudrait plus jamais remettre les pieds dans une école.
-Je voulais te demander, demanda Stéphanie doucement après un moment de silence, accepterais-tu de venir dîner à la maison un de ses soirs? J’aimerais bien qu’on se voit ailleurs qu’à l’école. Ça serait sympa, non? Et comme on ne se reverra sans doute plus après...
-C’est une bonne idée, Stéphanie! Répondit la journaliste spontanément.
- Mmmh, demain soir, ça te va? Tu viendras avec ton fiancé, hein?
-Mon fiancé? Ah! Nicolas t’a raconté à ce que je vois…
-On n’a pas de secret entre nous. Hi!hi! Petite cachottière va! Il parait qu’il est assez joli en plus!
-On peut rien de cacher, toi! Demain soir, ce sera parfait! Bon et bien c’est bien beau tout ça, mais j’ai beaucoup de parents à voir ce soir, il va falloir arrêter ici, désolée, dit la fausse brunette un peu nerveusement. J’aurais bien aimé parler avec toi plus longtemps, mais de toute façon, on aura tout le temps demain soir!
-Le problème avec toi, Martine, c’est que tu es beaucoup trop sérieuse! Bof, je t’aime comme ça quand même! Oui, à demain soir! Tu connais l’adresse?
-Heu… l’adresse exacte, non, je ne la sais pas, menti la journaliste.
-C’est le 46. Tu veux que je te l’écrive?
-Non, merci! J’ai une très bonne mémoire!
-Alors à demain! Arrivez vers 19h00 et ce sera parfait!
-À demain!
Stéphanie sorti enfin et Seccotine poussa un grand soupir. Elle se demanda si c’était une bonne chose d’avoir accepté cette invitation et surtout, comment Spirou allait réagir. Elle n’eut pas le temps de réfléchit longtemps puisqu’un père frappait à la porte et demandait à entrer.
Quelques temps après, Seccotine avait fini l'entrevue des parents d'un des élèves en avance et les suivants n'étaient pas encore arrivés. Elle en a donc profité pour aller rejoindre Spirou en attendant. Le jeune homme était placé discrètement dans le hall d’entrée de l’école où il pouvait observer sans qu’on ne le voie.
-Bonne nouvelle, commença-t-elle, des voisins de Julie ont aperçu eux aussi la voiture suspecte. Des parents m'ont aussi dit l'avoir aperçue devant leur maison, tu te rends compte? Peut-être qu'il vise ses prochaines victimes... Il y en a même un qui l’a vu sortir de la voiture!
-Ah oui? C’est intéressant, ça!
-N’est-ce pas? Alors il paraitrait que c’est un homme, fin trentaine ou début quarantaine, les cheveux noirs, assez grand et qu’il n’a vraiment pas l’air sympathique. Mais je ne pense pas que cette dernière info soit vraiment utile! Comme tu peux voir, un grand nombre de personnes peuvent ressembler à ça, mais c’est un début! Ah! Si on moins on avait pu prendre son numéro de plaque! Enfin bref… Aussi, beaucoup pensent comme moi que le kidnappeur à un lien avec l'école. J'ai eu droit à toutes les rumeurs du quartier! Et toi, de ton côté?
-J'ai une question à te poser: qu'est-ce que tu connais de ton amie Stéphanie?
-Pour être honnête, pas grand-chose. Elle ne parle pas beaucoup d'elle-même. Pourquoi?
-Je l'ai trouvée étrange quand elle est sortie. Tu nous l’as décrite comme étant toujours souriante, enjouée, énergique et tout... Et bien, elle était tout le contraire tout à l'heure. Je l'ai même entendue grommeler quelque chose sans comprendre de quoi il s'agissait.
-Ha oui? Mais, quel air avait-elle exactement?
-Un mélange d'énervement, de colère et de... comment dire... elle était aussi très calme en même temps. Très étrange.
-Est-ce que tu essaies de me dire que tu la suspecterais!? S’exclama la blondinette en élevant un peu trop la voix.
-Je vais être franc: oui! Mais, je ne la connais pas alors, je me trompe peut-être. Peut-être aussi qu’elle a eu une mauvaise journée.
Seccotine resta silencieuse. Elle se remémora les conversations qu'elle avait eues avec l'employée à la cantine et elle ne trouvait rien qui pouvait rendre la femme suspecte. De toute façon, elle l'aurait remarqué sans faute. Tout à coup, elle eu une idée.
-Mais tu sais, je ne sais absolument rien de son mari, Daniel: elle ne m'en parle jamais. À chaque fois qu'on arrive sur le sujet, elle s'empresse de passer à d'autre chose. Et puis... les rumeurs du quartier dont je te parlais le visent souvent. Il parait qu’on ne le voit pas beaucoup.
-Hé bien! On pourra chercher un peu de ce côté, alors!
-Et en plus, demain soir, nous allons dîner chez eux, dit-elle en souriant.
-Quoi? S’exclama Spirou.
-Oui, Stéphanie nous a invités à dîner pour demain soir et j'ai accepté.
-Nous a invités?
-Oui, nous! Martine et son fiancé! Allez, ne le prend pas comme ça! À deux, nous ne serons pas de trop. Et pendant ce temps-là, Fantasio pourra inspecter les alentours de la maison, si tu penses que ça peut-être utile.
-Bon, ça va, je le concède, ça tombe plutôt bien.
-Oui! En plus, Stéphanie est celle qui connais le plus toutes les histoires du quartier! Il faudra juste en parler à Fantasio.
-À propos de lui, il ne m’a pas donné de nouvelles encore.
Un couple entra à ce moment-là dans l'école, coupant la conversation.
-Bonjour, nous sommes les parents d'Étienne, dit une jeune femme aux longs cheveux noirs.
-Oui! Bonsoir! Je suis Martine. Suivez-moi allons dans la classe. On se retrouve plus tard, dit-elle finalement à Spirou avant de disparaître au coin du couloir.
Une vingtaine de minutes et un parent plus tard, Spirou fut surpris de voir son ami arriver en courant, Spip à ses talons.
-Fantasio? Qu'est-ce que tu fais ici?
-Tu dois venir! Il s'est passé quelque chose d'incroyable!
-Mais...
-Rien du tout! Tu vas voir, ça vaut la peine!
-Attends! Je vais aller avertir Secco…
-Bon, mais dépêche-toi, je t'attends en bas!
Spirou ne discuta plus et il se précipita vers la classe de troisième année. Il frappa à la porte et l’ouvrit avant même qu’on lui réponde.
-Se… Martine! Il faut que je te parle! Excusez-moi de vous déranger, Madame…
-Oui? Dit la jeune femme.
-J’ai bien peur qu’il faille y aller bientôt, continua le journaliste en faisant un effort pour se calmer.
-Justement, nous avions terminé. Merci d’être venue Madame Dumont.
-De rien. Vous avez eu une belle initiative avec cette rencontre. Je suis plus rassurée, maintenant. Bonne soirée!
La mère passa devant le rouquin et dès qu’elle fut assez loin, il prit la main de son amie pour l’entraîner à la sortie.
-Mais qu’est-ce qui se passe? Demanda-t-elle entre deux enjambées.
-Tu as terminé avec les rencontres, non?
-Oui, c’était ma dernière, mais…
-Fantasio a trouvé quelque chose et ça semble assez important!
Ils le retrouvèrent devant l’entrée, à l’extérieur de l’école. Le vent faisait tournoyer des feuilles mortes autour de lui.
-Bon! Enfin vous voilà! S’exclama-t-il, énervé. Allez venez, on va au commissariat!
-Mais que s’est-il passé, enfin, tu vas nous le dire? Demanda nerveusement Spirou en le rattrapant.
-Cédric Van Melle a été retrouvé ce soir! Sain et sauf!
-Quoi?! S’exclamèrent les deux journalistes en cœur.
-Mais quand? Comment? Demanda Seccotine qui ne pouvait pas s’empêcher de sourire tant cette nouvelle lui donnait une nouvelle énergie.
-Ça fait à peine quelques minutes, je l’ai appris par hasard, c'est une longue histoire...
Tout en discutant, ils allèrent à la voiture que Fantasio démarra précipitamment.
-Mais qu’est-ce que tu sais là-dessus? Demanda Spirou lorsqu’ils furent installés.
-Presque rien… C’est pour ça qu’il faut aller voir à la source! Le gamin est à la police maintenant avec ses parents. Tout ce que je sais, c’est que le nom du sauveur est Daniel Becker. Il habite le quartier.
Spirou et Seccotine se fixèrent longuement avec un regard interrogateur et surpris. Le même Daniel dont ils avaient parlé peu de temps avant? Ils trouvèrent étrange de le voir soudain mêlé à cette histoire avant qu'ils ne lui parlent. Fantasio remarqua le silence soudain de ses amis.
-Est-ce que c’est un nom qui vous dit quelque chose? demanda-t-il.
-Je le crois bien! dit la blondinette (qui avait enlevé d’ailleurs sa perruque et ses lunettes). Elle expliqua à Fantasio tout ce dont ils avaient discuté elle et Spirou avant qu’il n’arrive.
-Bon, conclu Fantasio. Si je comprends bien, ce n’est la première fois que ce nom sort. Pour l’instant, je ne pense pas qu’on puisse en savoir plus sur lui; c’est certain que les policiers vont nous empêcher de lui parler. Ce sera pour demain! Mais qu’est-ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi cette fille t’a invité aussi à cette soirée, Spirou.
-Heu… c’est une longue histoire. Je t’expliquerai ça une autre fois.
-De toute façon, nous sommes arrivés!
Ils passèrent le reste de la soirée à tenter d'avoir le plus d'informations possibles, mais les policiers, comme deux jours auparavant, n'étaient pas très coopératifs, et ce fut impossible de parler à l’enfant. Tout ce qu'ils ont appris, en plus du nom de Daniel, c'est que Cédric a été trouvé là où l'appel anonyme avait dit de chercher, dans le petit bois. Fantasio raconta d’ailleurs que c’était en y allant lui-même et en y voyant la police qu’il a eu le scoop de la découverte du garçon. Ce dernier avait été retrouvé, selon Daniel Becker, dans un bosquet près d’un étang. Les trois journalistes sortirent enfin, un peu déçus malgré le scoop de la découverte de Cédric. Mais pour une fois, ils avaient quelque chose à envoyer à leurs journaux et ils ne lésinèrent pas sur les détails de leurs suspicions. De la rue de l'église au fait que le coupable est sans doute quelqu'un de relié de proche avec les enfants, et comme c’était convenu, ils partagèrent les informations entre eux. Après cette soirée qui fut plus longue que prévue, aucun d’entre eux n’était fâché d’enfin rentrer. Juste avant d’ouvrir la porte de chez lui, Spirou regarda le ciel et il vit que les nuages semblaient s'être amincis et on apercevait le halo blanc de la pleine lune derrière eux. Il resta un moment à contempler cette lueur qui semblait être annonciatrice d'un peu d'éclaircissement dans l'obscurité dans laquelle ils avançaient avec cette enquête. Spip, qui était un peu plus pressé que lui de rentrer le fit sortir de sa rêverie en tirant sur la jambe de son pantalon.
-Hein? Qu’est-ce que…? Ah Spip! J’ai compris, on rentre. Une bonne nuit de sommeil ne fera de tort à personne ce soir.

Commentaires
1. Le mercredi 9 avril 2008 à 02:52, par Kristaline
2. Le vendredi 11 avril 2008 à 22:47, par Fantazia
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