[One-shot] Curiosité innée
Par Kristaline, mardi 9 décembre 2008 à 16:40 :: [Fanfictions] :: #354 :: rss
Bonjour ! Il y a quelques mois, je vous avais promis un one-shot à saveur érotique. Eh bien le voilà : un one-shot consacré au couple Fantasio/Seccotine, dans l'esprit de ma saga L'équilibre de l'inconnu (qui réunit les fics "Les crocs de l'hiver", "Ce que les BDs ne révèlent pas...", "Les liens du sang", "Guide de survie à la vie quotidienne" et "Femme de choc"). Ce one-shot est situé entre le dernier chapitre et l'épilogue de la fic "Les liens du sang". Pour ceux qui n'auraient rien compris à l'histoire et qui n'ont pas envie (ou pas le temps ) de lire les premières fics, je vais tenter d'en faire une version allongée. Sinon... bonne lecture à tous :D !!!
P.S. : N'oubliez pas, ce one-shot est érotique. S'il y a un mineur qui tente de le lire... ça le regarde, mais je ne suis pas responsable des traumatismes qui peuvent s'en suivre... 
Jamais il n’avait connu autant d’allégresse que ce soir d’hiver. Le froid avait beau encercler le manoir de ses vents mordants, rien ne pouvait triompher de la chaleur des convives, réunies en cet instant autour de ce repas de noces. La fraîcheur exquise des crudités entama l’appétit des invités, enchantés par ces couleurs vives contrastant la saison morte. Par la suite, le potage aux carottes se révéla riche et onctueux, laissant sur les lèvres ce goût légèrement salé. Or, le fumet enivrant d’un gigot d’agneau eut tôt fait de leur donner l’eau à la bouche. Gorgé d’un bouillon réconfortant, chaque morceau fondait derrière le palais qui, une fois la sensation envolée, en redemandait encore et encore. Enfin, une mousse au chocolat apaisa les ventres plus que comblés par ce festin digne des réjouissances futures. La touche légère du dessert alliait à merveille ce vin rouge servi tout le long de ces joies gastronomiques. Un vin dont, gorgée après gorgée, se révélait comme un appel à l’exutoire.
Au bord de la perte d’équilibre, Fantasio chantait à tue-tête et, malgré sa performance médiocre, sa bonne humeur devint contagieuse. Sous le regard de sa nouvelle épouse, il entraînait dans une valse improvisée son meilleur ami, qui tentait en vain de refuser son invitation, déclenchant du coup de nouveaux éclats de rire. En son for intérieur, le jeune blond savait qu’il était inutile de faire des propositions salaces à l’oreille de sa compagne. Bien qu’ils fussent de nouveau ensemble depuis des mois, Seccotine avait du mal à le pardonner de son aventure avec Ororéa, d’autant plus qu’elle souffrait d’une intense fatigue au début de sa grossesse. Le pire était du passé maintenant. Sa robe blanche, pourtant simple, mettait en valeur ses formes, amplifiées par sa maternité. Elle avait laissé de côté sa queue-de-cheval et dégagea ses cheveux de façon à encadrer son visage serein. Assiste tout près d’elle, Luna, surexcitée, la harcela de questions d’intérêt féminin. Malheureusement, Fantasio ne pouvait en saisir le sens car sa tête lui tournait pendant une fraction de seconde.
- Est-ce que ça va, vieux ?
Il secoua la tête devant les yeux soucieux de Spirou. Décidément, ce vin menait à l’ivresse plus rapidement qu’il le croyait. Une seconde plus tard, il reprit son sourire, se voulant rassurant et rigolant même de son propre sort.
- Ne soit pas inquiet, je ne vais tout de même pas mourir !
Il savait par contre que, s’il venait à prendre un verre de trop, les conneries qu’il pourrait engendrer seraient imprévisibles. Aussi il remercia intérieurement le rouquin de l’accompagner jusqu’à sa chambre, alors qu’il lui rappela de ne plus faire de folies pour ce soir. Malgré les non-dits, Fantasio savait où son ami voulait en venir. Lui qui restait pudique, même sous l’influence charnelle de Luna, il ne trouvait pas les mots pour inciter le futur père à dégriser avant la lune de miel. Ce dernier ne répondit pas. Il avait étiré son seul plaisir dans la bonne bouffe, l’alcool raffiné et les simples festivités. Il n’en demandera pas plus à Seccotine. Ils ne se touchaient presque plus depuis l’aveu de cette nuit fatidique, mais il s’estima heureux de l’avoir vue surmonter son orgueil afin de partager le même lit.
Une fois Spirou reparti, Fantasio laissa tomber son veston, puis dénoua son nœud papillon pour ensuite répondre à l’appel du matelas, chutant volontairement à la renverse. C’était un état quasi léthargique, son esprit tentée de flous éphémères, parfois accompagnés de rares moments de lucidité. La vue du plafond l’entraîna peu à peu au sommeil qu’il cherchait inlassablement. Sa dernière pensée, la conclusion du bilan de sa journée, se résumait en ces mots : bien qu’il n’avait pas l’entière confiance de sa femme, il se jura de ne pas briser celle sa future fille. Peut-être pourra-t-il être meilleur père qu’amant…
Dans son sommeil, il sentit la douce caresse à sa tête alourdie : elle partait au sommet de son crâne, descendit lentement jusqu’à sa tempe pour ensuite se détourner vers la joue, le tout du bout des doigts. Des doigts si fins qu’on aurait dit ceux d’un ange… Et s’il était déjà mort ? Le vin pouvait-il l’avoir intoxiqué à ce point ? Paniqué, il sursauta pour mettre fin à son état passif.
Il ne savait s’il était au paradis, mais la tentation qui le tenaillait dès qu’il l’aperçut s’apparentait facilement au fruit de la connaissance. Les cheveux toujours en liberté, Seccotine s’était assise près de lui. L’ombre et la lumière, vacillant toutes deux sur son corps, indiquaient qu’elle avait laissé une chandelle allumée sur la table de chevet. Composée de motifs complexes, la dentelle blanche recouvrait une poitrine gonflée par l’avènement à la vie, ce qui ne gâchait aucunement l’attrait de la beauté chez son mari. De ses hanches rondes, une culotte coquine déroba l’origine du monde, également source de volupté. Tout en elle était courbes et féminité, se révélant à la fois mère et maîtresse. Et ce sourire chaleureux, qui semblait cacher des intentions lubriques, confondit le pauvre Fantasio, qui demanda :
- Secco ? Est-ce que tu es saoule ?
- Chut…
Elle posa son index sur les lèvres entrouvertes de son époux, amusée par la réaction qu’elle provoquait. Sans un mot, elle glissa sa main jusqu’à la rencontre du premier bouton de chemise, qu’elle détacha aisément. Le col légèrement entrouvert, elle put déposer de légers baisers sur cette peau à découvert, suivant le rythme fusionnant respires et soupirs. Soudain, elle sentit la main de son amant contre sa poitrine, dont la légère poussée l’obligea à se redresser. Lorsqu’elle put croiser son regard, elle devina en un clin d’œil son malaise.
En effet, il ne pouvait comprendre cette envie soudaine. Il ignorait tous ces questionnements intérieurs dans lesquels elle cherchait les erreurs ayant pu fragiliser leur relation, ni le soupçon qui l’accompagnait chaque fois qu’il s’approchait d’elle. Cependant, Fantasio prouva plus d’une fois qu’il était à la hauteur dans son rôle de futur père. Malgré ses maladresses, ses intentions suffisaient à l’apaiser. Les autres femmes avaient beau de montrer séduisantes, il restait fixé sur sa promesse lancée lors de sa demande en mariage : Accorde-moi le reste de ma vie pour prendre soin de toi… Et de lui… ou d’elle…
Seccotine ferma les yeux. Son chuchotement dans la pénombre se révéla comme une confession honteuse, aussi prit-elle la main de l’homme qui se trouvait devant elle, par crainte d’être rejetée.
- Pardonne-moi, Fantasio. J’ai agi comme une idiote jusqu’à maintenant.
- Quoi ? Mais non, il n’y a que moi qui sois l’idiot dans cette pièce.
- Tu ne peux comprendre…
- Mais si, je compr-
Avant que cette discussion se transforme en une catastrophe dont ils avaient le tour, Seccotine posa à nouveau son index sur la bouche de son conjoint. Ses yeux semblaient s’embraser, mais le feu qui dansait en elle n’était nullement menaçant. Au contraire, cette flamme se faisait annonciateur de douceurs, de caresses et de plaisirs recherchés. Ces propositions hédonistes trouvèrent écho en Fantasio, qui attira à lui la femme enceinte pour lui offrir un baiser empressé. Après des mois d’attente, c’était devenu une torture que de passer la nuit auprès d’elle sans un seul contact de sa peau de pêche.
L’urgence de saisir l’instant s’étant évanoui, il put enfin prendre conscience de cette longue étreinte scellée par leurs lèvres. Fort heureusement, tant de choses furent préservées de cette chasteté imposée : son goût, sa chaleur, son odeur… Cela suffisait pour étirer cette rencontre inespérée de deux corps éloignés de leur gré.
Les sens en éveil, Fantasio se releva et posa délicatement Seccotine sur leur lit. En fin gourmand, il entreprit de goûter chaque parcelle que la lingerie ne pouvait cacher. De sa langue, il traçait des sillons de frissons qui se répercutaient dans le bas-ventre, tendu par une montée à la fois agaçante et agréable du désir. Parfois, il mordillait, mais ce n’était jamais douloureux. Puis, alors qu’il progressait dans cette redécouverte, le parfum particulier d’une fleur piqua son attention. Lorsqu’il retira le voile qui la recouvrait, il huma le bouquet dévoilé par ses pétales. À défaut de ne pas la cueillir, il chatouilla le bourgeon qui s’y logeait.
Il releva sa tête pour mieux apprécier l’exaltation qui illuminait le sourire de sa compagne et se surprit en constatant à quel point il voyait d’un nouvel œil sa silhouette métamorphosée par ce miracle fascinant qu’est la conception. D’humeur enjouée, elle invita son amant à le rejoindre pour un autre baiser chaud et enveloppant et en profita pour détacher les autres boutons de chemise et ainsi revoir ce torse qui lui était familier. Sa faim de la chair la poussa à savourer ce qui s’offrait devant elle, prenant le temps d’observer les réactions de son époux. Ce dernier n’hésita plus et lui laissa le privilège d’aller déguster ses fruits défendus.
À l’extérieur, le vent continuait de se déchaîner envers et contre tous, mais il ne pouvait par contre s’infiltrer à travers cette bulle d’intimité créée par la complicité des nouveaux mariés. Seule la nuit, qui atteignait son apogée d’heure en heure, était témoin de leurs ébats secrets. Le sablier du temps s’écoulait grain par grain alors que les tourtereaux se laissèrent guider par leurs envies communes : un effleurement furtif, un enlacement brûlant, un va-et-vient langoureux, tout se faisait avec lenteur, comme s’ils ne voulaient rien manquer de leur réconciliation. Leurs souffles, ponctués de quelques gémissements, formaient une musique unique et douce à leurs oreilles. Par moments, l’effervescence qui les liait l’un à l’autre se dénouait en une délivrance délicieuse dans laquelle leurs fluides s’entremêlaient, mais Morphée n’arrivait pas à les enlever pour le pays des rêves. Au contraire, emboîtés comme deux cuillères, ils se répondirent en regards et en câlins, se donnant ce court répit dans l’attente d’une nouvelle danse. Et ils recommencèrent, mais toute bonne chose ayant une fin, le sommeil eut raison d’eux et se laissèrent emporter par la dernière vague de jouissance.
Le soleil était haut dans le ciel lorsque Fantasio se réveilla. Seccotine n’était plus là, mais l’espace qu’elle occupait récemment était imprégné d’une chaleur consolatrice ainsi que d’une fragrance semblant s’y méprendre à des pommes saupoudrées de cannelle. Il laissa si longuement son nez s’enivrer de cette présence invisible qu’il ne remarqua pas son épouse s’avancer vers lui, le petit-déjeuner attendant sur le plateau qu’elle tenait. Ce fut cependant ce petit cri qui le ramena à la réalité. Elle était assise, le plateau sur leur lit, ses mains portées sur son ventre.
- Est-ce que ça va ?
Il n’avait aucune raison de s’inquiéter, puisqu’elle lui renvoya un sourire qui inspirait la tranquillité. On lui avait expliqué maintes fois qu’un enfant pouvait ressentir tout ce que sa mère vivait, y compris les doutes et les frustrations qu’elle refoulait. Ce matin, elle comprit que sa fille la remerciait. Cette dernière n’était pas née, mais, pour la première fois, elle pouvait sentir le bien-être généré par cette chute des barrières mentales, qui empêchaient cet abandon pur et simple. Que ce soit un acte d’amour ou un acte naturel, il était presque impossible de s’en échapper. Or, cette fatalité n’était en rien déplaisante pour une femme qui savait user de sa curiosité innée.
FIN

Commentaires
1. Le lundi 15 décembre 2008 à 01:16, par Emyla
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