Le prix de l'enfance-Chapitre 12 + épilogue
Par Emyla, dimanche 1 février 2009 à 17:13 :: [Fanfictions] :: #362 :: rss
Et voilà! Nous voici déjà (ou enfin) à la fin de ma première fan-fiction! Je poste l'épilogue en même temps que le dernier chapitre, car il est vraiment court (hé oui! Je suis capable d'écrire des trucs courts des fois:P) Merci beaucoup de vos commentaires ils ont été énormément appréciés!:)
Il y avait énormément de clins d'œil dans cette fic: à l'univers de Spirou, à la BD en générale et à l'enseignement. Un de ces clins d'oeils était Martine Legrand qui était très librement inspirée de l'univers d'Hergé! (voir la note du 30 avril dernier ici ) Il y avait un peu de Martine Vandezande de Tintin et l'alph-art (le 24e album non-terminé) et Legrand était le nom de la famille dans Jo, Zette et Jocko. Oui, bon, ce n'était pas évident, je le concède! Je me suis beaucoup amusée avec ces clins d'œil, mais, rassurez-vous, il y en pratiquement pas dans la prochaine.
Si je ne change pas d'idée, ma prochaine fic sera beaucoup plus "aventure" et il va y avoir plus de personnages venant de la série originale. Ça va se passer au pôle nord et le titre sera "le poisson-grenouille". Et, cette fois-là, se sera plus axé sur un méchant et Fantasio sera plus présent. On m'a fait remarqué que je l'avais un peu laissé de côté dans cette première fan-fiction. 
Spirou ne sonna pas. Il frappa plutôt à la porte brutalement. La blondinette qui ouvrit ne pu cacher sa surprise de voir le jeune homme en face d'elle. Elle força un sourire.
-Spirou! Quelle surprise! Martine n'est pas avec vous? demanda-t-elle innocemment.
Elle regarda brièvement Fantasio qui se tenait près de Spirou et qui fixait la jeune femme avec un air sévère.
-Ne faites pas l’innocente, Stéphanie, s'énerva Spirou. Vous savez la vérité sur Martine, alors vous allez nous dire la vérité sur vous!
-Mais de quoi parlez-vous?
Stéphanie faisait des efforts pour rester calme, mais ses yeux laissaient transparaître facilement une nervosité naissante.
-Nous savons que c’est vous qui avez enlevé les enfants, continua le rouquin toujours aussi sèchement, et on va le prouver tôt ou tard! Sachez tout d'abord que ma « fiancée » est encore en vie.
-Quoi? Euh, je veux dire, je ne sais pas de quoi vous voulez parler! dit-elle en se passant la main dans ses cheveux.
-Laissez-nous passer! Vous avez fait assez de mal comme ça! dit finalement Fantasio en entrant dans le vestibule.
-Vous n’avez pas le droit! s'écria Stéphanie.
-Ça suffit, Steph!
Une voix masculine venant de la pièce adjacente fit taire tout le monde. Ils virent alors le visage sombre de Daniel Becker ressurgir.
-Dan! Qu’est-ce que ça signifie? lui lança son épouse entre ses dents.
-Laisse-les entrer, dit-il d'une voix fatiguée mais d'un ton ferme. J’en ai marre de cette histoire. Je ne marche plus dans ta combine…
Avec son bras, l'homme écarta sa femme du chemin pour laisser passer les deux journalistes et fermer la porte derrière eux. Stéphanie ne savait plus quoi faire. Son visage commençait à rougir et on pouvait entendre sa respiration s'accélérer.
-Dan! Tu es un lâche! s'exclama-t-elle d'un cri étouffé.
-Hé ben, ça! fit Spirou un peu surpris de la tournure de la situation. Alors, j’imagine que vous n’avez aucun inconvénient à ce que nous allions dans votre bureau.
-Il n’en n’est pas question! s'écria Stéphanie.
-Allez-y, la porte est déverrouillée, fit Daniel en ignorant sa femme.
-Noooon! hurla-t-elle de tous ses poumons.
Elle serait jetée sur les reporters si son mari ne la retenait pas à deux bras.
Spirou entra dans le bureau en ignorant ses cris. Fantasio le suivi, un peu confus par cette réaction violente. À la lumière du jour, les détails de la pièce étaient beaucoup plus clairs. Les meubles étaient simples et la décoration modeste. Par contre, un immense tableau représentant une reproduction d'un paysage du peintre britannique Turner sautait aux yeux et jurait un peu dans le décor par sa grandeur. Il était placé au-dessus de la table de travail, tout près de l'endroit où Spip avait trouvé la barrette à coccinelles. Spirou ressorti les photographies. Seccotine avait entouré deux choses: le tableau lui-même et un petit détail sur le mur, juste sous la table, mais qui était difficile à identifier.
-Voilà le tableau, Fantasio. Même avec les photographies seulement, elle a remarqué que quelque chose était étrange.
Fantasio observa le tableau attentivement mais fit une moue déçue.
-Je ne vois pas. Seulement qu'il ne va pas du tout avec le reste du décor.
-Et que c'est très rare de voir un tableau de cette taille cloué au mur de cette sorte! Habituellement, ils ont un ou plusieurs crochets derrière qui les accrochent au mur par une corde ou une chaîne. Dans tous les cas, il y a toujours un espace entre le tableau et le mur.
-Maintenant que tu le dis... je le vois.
Spirou se baissa pour regarder sous la table pendant que Fantasio essayait de bouger sans succès le lourd cadre. Soudainement, il se souleva du mur.
-C'est pas moi qui a fait ça! S'exclama le blond.
-Non c'est moi, dit son ami en se relevant. Il y a avait un interrupteur sous la table.
Spirou détacha le Turner du mur et découvrit une ouverture creusée dans les murs. Elle formait un puits étroit qui allait tout droit vers le haut. En entrant sa tête sa tête à l'intérieur, Spirou vit qu'il y avait une échelle au fond.
-Et alors? demanda Fantasio qui préférait rester derrière
-C'est une ouverture verticale. Il y a une échelle, mais c'est trop sombre pour que je puisse voir jusqu'où elle va.
-Tu vas monter là-dedans? dit le blond avec incrédulité.
-À moins que tu veuilles y aller toi-même? rétorqua Spirou.
-Non, non! Je te laisse y aller!
-Ce que tu peux faire, c'est placer la lampe sur la table de travail à l'intérieur du trou pour que je puisse voir quelque chose, s'il-te-plait.
-D'accord.
Fantasio, prit la lampe et tira sur le fil électrique pour vérifier qu'il était assez long. Il tourna ensuite la lampe afin que la lumière aille vers le haut et la plaça aux pieds de Spirou qui commença son ascension.
-Merci mon vieux. Ce n'est pas si haut de que ça, finalement.
Il commença à gravir un après l'autre les échelons de métal. Au sommet, il fût arrêté par une trappe qu'il n'eut aucun mal à ouvrir. Derrière elle se trouvait une pièce très basse de plafond. Spirou fut ébloui un moment par la lumière crue qui y entrait par une petite fenêtre rectangulaire, puis il grimpa sur le plancher poussiéreux. Il se dit qu'il s'agissait sûrement du grenier de la maison. Sans qu'il n'ait pu aller plus loin, son attention fut attirée par un gémissement provenant de derrière lui. Il se retourna brusquement et vit une fillette recroquevillée sur elle-même. Autour d'elle se retrouvaient pèle-mêle quelques jouets, des couvertures et des fournitures scolaires provenant d'un sac d'école ouvert près d'elle. Spirou accouru vers l'enfant.
-Julie! s'écria-t-il. Tu es bien Julie?
La fillette acquiesça timidement.
-Tu peux me parler, Julie. Il n'y a plus de danger. Est-ce que tu vas bien?
-Oui..., dit-elle d'une petite voix. Je vais pouvoir sortir?
Spirou poussa un soupir de soulagement en entendant la voix de Julie.
-Bien sûr! Viens avec moi, on va sortir d'ici, lui dit-il en souriant.
Julie se leva et suivi prudemment Spirou vers la trappe.
-Fantasio, j'ai trouvé Julie! appelle la police! cria-t-il dans le puits avant de descendre.
-C’est déjà fait, cria Fantasio à son tour en refermant le rabat de son portable.
***
Les hôpitaux ne sont pas habituellement des endroits très joyeux. Les couleurs sont fades et il est rare de rencontrer quelqu'un avec le sourire aux lèvres. Même les odeurs laissent transparaître la maladie et le malaise. Seccotine détestait cet endroit et elle avait très hâte de le quitter. Elle y était depuis quelque jours déjà, mais elle n'avait que peu de souvenirs. Lorsqu'elle s'était réveillée, elle était dans cette chambre qu'elle partageait avec un homme d'une cinquantaine d'années pas trop jasant. De tout façon, comme un grand rideau les séparait presque en permanence, ils n'avaient pas vraiment l'occasion de sympathiser. Le médecin qui était venu voir la jeune femme à son réveil lui avait dit qu'elle était restée un bon moment aux soins intensifs et l'avait assurée qu'elle était maintenant hors de danger. Il lui avait aussi demandé beaucoup de choses plutôt personnelles: comment elle se sentait psychologiquement, ses projets pour les jours à venir, s'il y avait des personnes qui pouvaient la soutenir et d'autre questions que Seccotine trouvait un peu curieuses. D'autant plus qu'il ne lui avait dit un mot sur la raison de son empoisonnement. Mais elle avait des doutes. Le fait que la dernière chose dont elle se souvenait était un petit déjeuner lui en disait beaucoup. Elle reçu un peu plus tard avec plaisir la visite de Marie Zimmer et de Patricia, l'enseignante qui l'avait conseillée. La journaliste attendait néanmoins avec impatience la visite de Spirou et Fantasio. Elle avait le pressentiment que le mystère des enlèvements s'était enfin éclairci et elle avait très hâte d'en avoir des nouvelles. Finalement, au début de l'après-midi, une jeune infirmière passa la tête à travers la porte.
-Bonjour, mademoiselle. Vous avez de la visite!
Elle ouvrit la porte complètement et les deux jeunes hommes apparurent, un sourire détendu sur le visage et un énorme bouquet de fleurs dans leurs mains.
-Les garçons! Comme ça fait plaisir de vous revoir! J'étais très impatiente!
Lorsque l'infirmière referma la porte, le bouquet de fleurs se mis à bouger.
-Et il y a un petit passager clandestin qui tenait absolument à te voir, dit Spirou.
Tel un diable de sa boîte, Spip surgit fièrement d'entre les fleurs pour aller sauter dans les bras de Seccotine.
-Spip! Je suis très heureuse de te revoir aussi!
La jeune femme pris le bouquet avec plaisir et le huma longuement avant de le déposer sur la petite table près de son lit.
-Merci. Vous êtes très gentils!
-On peut dire que tu nous as fait une sacrée peur! s'exclama Fantasio.
-Je ne me souviens pas de grand-chose, mais j'ai dû sortir des soins intensifs ce matin. J'ai reçu quelques visites déjà. Odette Belhumeur m'a appelée; elle va venir me voir plus tard dans la journée. Elle s'en veut beaucoup, il paraît qu'on s'est joué d'elle un peu. Mais assez parlé de moi! Racontez-moi, je veux tout savoir! Avez-vous trouvé les photos?
-Oui! Et nous te remercions, dit Spirou. Grâce à toi, nous avons pu retrouver Julie à temps. Le tableau ouvrait sur un puits qui montait au grenier. C'était là que les enfants étaient cachés.
-Et quel était le fond de l'histoire?
-Hé bien voilà, commença le rouquin en s'éclaircissant la voix. La véritable coupable était bien Stéphanie. Daniel n’était que son complice, mais pourtant, il était le point de départ de toute cette histoire. Daniel était sans emploi depuis un certain temps et sa femme le prenait très mal. En fait, il faut dire tout d'abord que Stéphanie est médicamentée pour des dérèglements d'humeur assez graves. Ce qui explique son attitude étrange et le fait qu'elle ait été renvoyée de son ancien emploi. Par ailleurs, elle est une mère et elle sait, comme toi aussi Seccotine, que les enfants ont une grande importance pour leurs parents. C'est alors que mon hypothèse se confirme! Les Becker ne faisaient qu'enlever les enfants pour ensuite les remettre à leurs parents lorsqu'il aurait une récompense assez forte pour que ça en vaille la peine. Ils ne la refuseraient pas comme nous l'avons fait en ramenant Julie: Stéphanie avait son orgueil! Ariane, la sœur aînée de Nicolas va dans un pensionnat privé, car elle très douée en musique et la maman n'aurait jamais accepté de devoir la retirer faute d'argent. Mais ce n'était qu'une des raisons. La peur d'être pauvre était bien plus forte. Cela la rendait pratiquement folle. Le mot d'ordre était: gagner de la l'argent peu importe le moyen! Durant tout ce temps, ce sont eux qui donnaient de fausses pistes et de faux indices à la police.
-Et de plus, continua Fantasio, c'était une manipulatrice hors pair, comme tu as pu le constater. Elle a vite découvert que « Martine » n'était pas là par hasard. En fait, elle avait surpris des bribes de ta conversation avec la directrice sans avoir pu te voir, par contre. Elle a réussi à mettre presque toute l'école contre toi, y compris la directrice! Et ce, sans que tu ne t'en rendes compte. Ce sont aussi ses talents de manipulatrice qui ont fait en sorte que les enfants capturés ne disaient pas un mot. Elle travaillait à l'école et cela donne beaucoup de pouvoir à une personne. C'est facile de faire peur dans ce cas-là. Les menaces qu'elle leur faisait... c'est inimaginable effrayer des enfants comme ça! Enfin, je te laisse imaginer.
-Oui, j'imagine très bien! acquiesça Seccotine. En connaissant bien les élèves par Nicolas, surtout, c'était facile pour elle de suivre les déplacements et de les enlever discrètement. Et comme elle travaillait à l'école, elle était moins soupçonnable j'imagine... Enfin, pas pour nous! Et c'est elle qui a avoué tout ça?
-Non, c'est Daniel, répondit Fantasio. En fait, son mari était contre cette idée dès le début, mais elle l'a finalement convaincu. Et c'est à lui qu'elle doit toutes les erreurs qui ont été commises: le fait qu'on ait aperçu la voiture, l'évasion de Michaël. D'ailleurs, il nous a expliqué que le gamin avait pu s'évader, car il y avait une fenêtre dans le grenier et Daniel l'avait ouverte quelques minutes pour faire aérer la pièce. Julie avait trop peur, elle n'avais pas voulu le suivre. On connait la suite. Stéphanie en voulait à mort à Daniel pour cette erreur!
-C'était bien elle le cerveau et non lui, compléta le rouquin. Mais c'est lui qu'elle faisait travailler alors c'est lui qu'on soupçonnait, forcément. Elle le tenait par la gorge de toute façon.
-Et... la confiture? demanda Seccotine. C'est bien la confiture qui m'a empoisonnée, n'est-ce pas?
-Effectivement. Elle savait qui j'étais parce que Daniel nous avait vu, Fantasio et moi et il m'avait reconnu ce soir-là. Sa plus grande erreur à mon avis et d'avoir vraiment cru que nous étions fiancés. Elle a mis n'importe quoi dans cette gelée, surtout des médicaments. Elle penserait que nous serions deux à en manger et faire ainsi d'une pierre deux coups en nous tuant tous les deux. Mais, il semblerait qu'elle ait préparé tout ça sous le coup de la colère et elle n'a pas réfléchi. La preuve est que tu es toujours vivante!
-J'ai fait une de ces gaffes! Quelle idiote! J'aurais dû me méfier... Mais je comprends mieux maintenant pourquoi le médecin m'a posé plein de questions à mon arrivée: après avoir découvert ce que j'avais avalé, il a sans doute cru que j'avais tenté de me suicider...
-Nous venons de le rencontrer et il est maintenant au courant de la vérité, dit Fantasio.
-Tant mieux. Hé bien, dire que je la croyais mon amie il y a quelques jours, cette fille. Quel visage à deux faces! Si j’avais été mieux, je l’aurais sûrement remarqué tout de suite et je ne me serais pas laissée avoir…
-Bof! L’important, c’est que tout finisse bien, conclu Spirou.
-Quelle histoire! soupira Seccotine. En tout cas, elle nous en aura fait voir de toutes les couleurs. Mais ça me fait beaucoup de peine pour Nicolas et Ariane… Que vont-ils devenir avec ce qui arrive à leurs parents?
-Ne t’inquiète pas pour ces enfants, la rassura Spirou. Leur grand-mère s’occupe d’eux pour l’instant et je suis sûr que tout va bien aller.
-Je l’espère…
-Le reste n'est plus entre nos mains. Il faut oublier tout ça. Et puis, il faut que tu guérisses!
-Oui, j'imagine que ça devrait être ma priorité! J'ai gagné un fabuleux lavage d'estomac et plein d'injections pour me nettoyer l'organisme, mais je me sens beaucoup mieux maintenant; je sors demain. D'ailleurs, je vais visiter « ma » classe. C'est Marie qui me l'a proposé. Et Patricia me l'a fortement conseillé aussi, pour boucler la boucle.
-Comment penses-tu que tes élèves vont réagir? lui demanda Fantasio.
-Et bien, je crois qu’ils vont être assez fiers de voir que leur suppléante était en fait une célèbre journaliste! Hi! Hi! Voulez-vous venir avec moi? Ils vont être ravis de vous voir.
-Malheureusement, nous ne pourrons pas, dit Spirou. Nous partons pour Champignac ce soir même. Le comte nous a appelés pour nous inviter à passer quelques jours.
-Il doit sûrement avoir une nouvelle invention à nous montrer, déduit Fantasio. Espérons que ça ne causera pas trop de dégâts.
-Je l'espère aussi! Bien. C’est dommage, mais je comprends. Vous direz bonjour au Comte de ma part.
Elle posa sa tête sur les oreillers en soupirant.
-Je commençais à m’attacher à ses gamins quand même. J’ai l’impression qu’ils vont me manquer.
-Aurais-tu trouvé une nouvelle vocation? lui demanda le blond avec taquinerie.
-Jamais de la vie! Plus jamais tu ne me reverras en maîtresse!
-Oh dommage… Tu étais presque sexy avec tes lunettes, dit Fantasio avant d'éclater de rire.
Comme réponse, Seccotine lui lança un de ses oreillers en faisant mine d'être fâchée.
-Non, mais! Vas au diable, Fantasio! Tu es chanceux que je sois clouée au lit!
Les trois amis ne purent s'empêcher de rire de bon cœur comme de vieux amis qui se revoient après une longue absence et qui retombent un moment en enfance. Ils furent interrompus par l'infirmière qui revint cogner discrètement à la porte de la chambre. Sur un signe de Spirou, Spip alla se cacher sous les couvertures.
-Excusez-moi, dit-elle, mais vous devrez quitter bientôt : Mlle Seccotine doit aller faire ses derniers examens.
-Entendu, nous allons partir, dit Spirou en redonnant l'oreiller à Seccotine. Repose-toi bien, Secco!
-Oui! Jamais plus on ne veut te revoir le moral à plat comme cette semaine! menaça gentiment Fantasio.
-Sois tranquille! Au revoir et merci de votre visite! Oh! Spirou! Est-ce que je pourrais te parler seul une petite minute?
-Je t’attends de l’autre côté de la porte, dit Fantasio avant de sortir avec l'infirmière.
Spip ressurgit et il sauta dans les bras du rouquin. Seccotine baissa les yeux. Spirou s'assit sur le lit, près d'elle. Il devinait très bien de quoi elle voulait lui parler.
-Après cet incident, mes souvenirs sont un peu flous et certains semblent sortir d’un rêve, commença-t-elle en relevant son regard. Et il y a un truc dont je ne suis pas sûre... un truc qu’on aurait fait toi et moi. Mais je me sens un peu gênée d’en parler parce que si c’est le fruit de mon imagination, j’aurais l’air vraiment tordue!
-Tu n’as pas rêvé, Secco, on l’a vraiment fait, lui dit Spirou.
-Mince alors… Je ne le crois pas. Alors la discussion qui a suivie est aussi bien réelle? Bon. Je suis contente que toute cette histoire soit bel et bien terminée alors. Et que tout soit clair entre nous deux. Mais j'avoue que je ne peux pas faire comme s'il ne s'était rien passé...
-Moi non plus. On se connait disons, plus intimement maintenant. Mais je crois qu'on peut rester des amis tout de même et passer par-dessus cela.
-Mais bien sûr!
-Maintenant que tout est clair tu pourrais peut-être t'ouvrir les yeux sur Fantasio.
-Que veux-tu dire?
-Hé bien, je ne sais pas si tu le sais, mais il s'est fait un sang d'encre incroyable à ton sujet et, tu as tort de croire qu'il te déteste. Ce n'est que son côté orgueilleux qui t'aime moins, mais...
-Pfff! Tu dis n'importe quoi!
Soudain, elle se souvint de cette réflexion qu'elle avait eue devant la fenêtre quand elle avait hésité entre ses deux amis. Spirou avait peut-être raison et elle se redemanda encore une fois qu'est-ce qui se serait passé si le blond avait été à sa place. Mais fatiguée de réfléchir encore à tout cela, elle secoua la tête en se disant que se poser des questions étaient inutiles et que, de toute façon, la page était tournée.
-Enfin, ce n'est toute façon pas vraiment le moment de parler de cela, dit Spirou en se levant du lit. Tu as assez eu d'émotions fortes comme ça.
-Oh que oui! Merci pour tout, Spirou... À bientôt.
-À bientôt.
Spirou sorti de la chambre et l'infirmière rentra à son tour. Fantasio attendait son ami les bras croisés avec un air décidé.
-Spirou! Maintenant, ça suffit! Que se passe-t-il entre Secco et toi? Et qu'est-ce qu'elle avait donc qui clochait? J’en ai marre de toutes ses cachotteries!
-Mon vieux, maintenant que tout est fini, je peux bien te le dire, lui dit calmement Spirou en le prenant par les épaules. Je vais y aller une chose à la fois. C'est une histoire assez compliquée, alors je vais commencer par le début. Tout a été déclenché quand je suis devenu son fiancé fictif, mais le véritable commencement remonte à plus loin que ça…
***
Seccotine revenait de ses examens et elle regardait par la fenêtre de sa chambre d'hôpital en souriant. Les nuages qui faisaient partie du paysage depuis des jours entiers étaient en train de se déchirer. Le soleil apparaissait par rayons insistants entre les filets blancs. On pouvait même entendre des oiseaux qui chantaient à s'en décrocher le bec, comme s'il y avait quelque chose à fêter. Pour la jeune femme, c'était comme un cauchemar qui se terminait. Cependant, quelque chose de bien réel demeurait. Elle avait découvert une partie d'elle-même qu'elle ne pouvait plus faire taire dorénavant. Même si cela ne paraitrait pas, Seccotine étant passé maître dans l'art du secret, quelque chose en elle s'était transformé. Elle se demanda ce qui allait changer. Mais le ciel bleu qu'elle redécouvrait de nouveau fit disparaître en un instant tout souvenir de ce qui s'était passé depuis un certain mardi pluvieux et ses inquiétudes s'envolèrent en fumée. Et alors qu'elle fermait les yeux pour s'endormir enfin d'un sommeil paisible et mérité, l'automne perdait momentanément ses droits, en ce doux jour du début de novembre.
ÉPILOGUE
Le soleil brillait au-dessus du village de Champignac-en-Cambrousse. Spirou, Fantasio et Spip étaient partis se promener dans la campagne afin de profiter du beau temps qui s’était fait rare ces derniers jours. Pendant ce temps, le Comte, fidèle à son habitude, était enfermé dans son laboratoire à étudier un nouveau champignon. Alors qu’ils revenaient vers le château, les deux amis furent apostrophés par le facteur.
-Bien le bonjour Spirou! Bonjour Fantasio! Vous êtes arrivés au château il y a longtemps?
-Tiens, bonjour Zénobe! Nous sommes arrivés avant-hier. Du courrier pour le Comte?
-Non, pour vous.
-Pour nous? S'étonna Fantasio. Mais qui donc sait que nous sommes ici?
-Aucune idée, mais c’est à votre nom!
Le facteur remit à Fantasio une grande enveloppe avec, comme le facteur l’avait dit, leur deux noms sur le dessus et l’adresse du Château de Champignac.
-Hé bien, merci Zénobe, fit Spirou.
-Au revoir et bien le bonjour à M. le Comte!
Le facteur reparti sur sa vieille bicyclette. Spirou prit l’enveloppe des mains de Fantasio et l’ouvrit. Il en tira une lettre écrite d’une écriture qu’ils connaissaient bien.
-Ça vient de Seccotine…
-Évidemment! Il n’y a qu’elle qui soit assez pot de colle pour… mais qu’est-ce qu’elle nous veut, au juste?
-Va savoir avec elle!
Spirou commença à lire mais il fut interrompu par Fantasio qui étouffa un petit rire qui laissait entrevoir qu'il avait une idée tordue derrière la tête.
-Quoi? Qu'est-ce que tu as à rire comme ça...
-J’espère que c’est pas pour nous dire que tu l’as mise enceinte! Ha! Ha!
-Imbécile…, dit le rouquin entre ses dents.
Spirou ne put s'empêcher de rougir un moment, puis il retourna à sa lecture.
« Salut les garçons! Je savais que vous étiez au château alors je me permets de vous envoyer ceci. Je pense que vous le méritez amplement! Personnellement j’en ai eu des dizaines. Au revoir!
Seccotine. »
-Qu’est-ce qu’elle nous a envoyé? demanda le blond qui commençait à s'impatienter.
Spirou regarda dans l’enveloppe et sorti une grande feuille qui le laissa ébahi.
-Oh! Fantasio! Regarde ça!
C’était un dessin coloré d’enfant. On pouvait y reconnaître les trois journalistes ainsi que Spip. Une bâtisse, sûrement l’école, était dessinée à l’arrière plan et un soleil jaune vif brillait dans un ciel tout bleu. On y avait aussi dessiné plusieurs petit personnages qui étaient sûrement des enfants dont un qui était tout près de Fantasio. C’était écrit en grosses lettres rouges au milieu du ciel: « Merci d’avoir arrêté les méchants » et signé, en bas de la feuille, en lettres maladroites : Michaël.
-Ça, c’est la plus belle récompense qu’on aurait pu avoir, s'émerveilla Fantasio.
-Oui… tout à fait!
Spip, qui sautillait autour d'eux, sauta en l'air pour arracher la feuille de papier des mains de Spirou.
-Je veux voir moi aussi! Hé! Il m’a même dessiné! C’est un amour, ce gamin!
FIN

Commentaires
1. Le dimanche 1 février 2009 à 18:53, par Kristaline
2. Le dimanche 1 février 2009 à 21:29, par Emyla
3. Le lundi 2 février 2009 à 14:57, par Freddy
4. Le mardi 3 février 2009 à 22:19, par Emyla
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