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Critiques et chroniques d'albums

QRN sur Bretzelburg

Cet album est sorti en 1966



Fantasio, passionné par les transistors, en achete un si petit que le Marsupilami le prend pour un caramel et l'avale. Conséquence inattendue, un voisin de Spirou et Fantasio, Marcellin Switch, un radiophoniste amateur, ne peut plus correspondre avec Ladislas de Bretzelburg, un roi fantoche dont le pays est en fait gouverné par le terrible général Schmetterling. Celui-ci ne tient pas particulièrement à ce que le monde connaisse la réalité du Bretzelburg, et envoie des agents secrets enlever Switch. c'est en fait Fantasio qui est kidnappé...



Cette histoire a eu une génèse assez mouvementée. Franquin l'avait commencée seul, mais a dû modifier son histoire dès le début de la parution: Il voulait y faire jouer un rôle à Zorglub, ce que Charles Dupuis a refusé. C'est avec Greg que l'auteur a réussi à emmener l'histoire vers ce qu'elle est aujourd'hui.
Il faut aussi préciser que Franquin est tombé en dépression nerveuse pendant l'élaboration de l'album, et en a interrompu la production pendant plus d'un an.
Ensuite, quelques pages et quelques strips ont dû etre retirés de la version album, puisque l'histoire était trop longue pour tenir en un seul album de 60 pages.

Ces faits auraient pu nuire à la qualité de l'album: il n'en est rien, car beaucoup d'amateurs de Spirou le considèrent comme le meilleur de la série.

Il faut dire que le scénario est admirablement ficelé, alors que le début n'avait pas été conçu pour voir suivre cette histoire.
Cet album est à part aussi par le fait que les personnages secondaires n'interviennent que dans celui-ci. Par exemple, Switch, qui passe d'un intrus énervé et presque odieux à un compagnon d'aventures peureux et hilarant. le reste de la galerie de personnages secondaires est très complet, et tous les personnages ont un consistance.

L'histoire dépeint la misère de façon surprenante, avec une sorte de compassion, mais aussi d'humour noir: les gens s'habillent avec du vieux papier journal, et pédalent pour faire avencer un bus. L'exemple du brave gars qui se fait arreter pour avoir mal choisi le journal avec lequel il s'habille fait frois dans le dos.

Spirou et Fantasio se sont souvent retrouvés dans des pays totalitaires, tous différents les uns des autres. Celui-ci se trouve en Europe, et a des traits communs avec l'Autriche. C'est un régime qui trouve sa force sur sa police, la Bretzpolizei, et sur l'armée. Notons par ailleurs que le surentraînement de ces forces d'élite est raillé: Ainsi, le Bretzpolicier est le seul au au monde à savoir siffler dans un sifflet tout en criant "alarm!"
Les soldats ne sont pas forcément très malins non plus, puisque l'un d'eux, lassé de monter la garde, cède volontiers aux jeux inventés par le jardinier, comme jouer à cache-cache en comptant jusqu'à mille, on dormir debout avec le casque retourné. Un autre, soulagé de voir que les fausses grenades sont de vraies boîtes de conserve, s'empresse de faire exploser une vraie grenade, pour rire.

C'est aussi une belle histoire d'amitié, mais vécue de deux angles: Fantasio prisonnier, et Spirou sauveur. Leurs retrouvailles leur font d'ailleurs autant plaisir qu'elles peuvent le faire au lecteur.

En résumé, pour faire court, un album indispensable, qui peut même se lire sans rien connaitre de l'univers de Spirou.
Par Trichoco , le 24 Aoû 2006 17:47
Compléments...

Article "l'affaire QRM": ici.

Bandeaux-titre:

Spirou 1205: Pas de titre, présence de Zorglub et Champignac.


Spirou 1208: Titre: QRM sur Bretzelburg, présence de Switch à la place de Champignac et Zorglub.

Par Trichoco , le 24 Aoû 2006 18:32

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